dimanche 17 septembre 2017

Atelier d’écriture du 24/07/2017

Atelier chez Annie

Animé par : Annie
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1 – Faire un acrostiche avec le mot SOLEIL

2 – Écrire un texte commençant par : « Le soleil était fatigué de briller » et contenant les mots : char, oblique, pétrifié, occulte, équipé, bidouiller, scolopendre, gaffe

***
Sur le muret pousse de l’

Origan, feuilles odorantes captant la

Lumière, vertes comme une

Émeraude, un ciel semblable à l’

Italie, où la vie s’écoule

Lente comme un fleuve de pays plat



Sombrant dans un sommeil feutré à l’

Ombre d’un palmier, je

Lambine dans des rêves

Étoilés, amoureux de l’

Image d’une belle

Lascive ensorcelante



Suintant d’une sournoise mesquinerie, vêtus des

Oripeaux trompeurs de l’honnêteté, ils

Laissent, sur les dos où ils passent leurs mains, une

Étonnante et mielleuse trace et

Imaginent des astuces pour

Lessiver leurs intérêts plus blancs que blancs



Secrète

Orgie

Long

Été

Imaginaire

Lumineux

*

Le soleil était fatigué de briller. Il ne balançait plus sur la planète que des rayons souffreteux.

Notre char, poussé par le vent, avançait en oblique. À tout instant, la voile menaçait de se rompre. J’étais pétrifié, serrant les codages et les tirant de toutes mes forces.

Cette planète n’était qu’un immense désert parcouru par des vents qui soulevaient d’énormes nuages de poussière. La plaine devant nous s’étalait à l’infini. Le sable et quelques rochers pour tout horizon.

Le vieux Pierre, assis à l’arrière, déclara :

« Le champ magnétique occulte toutes les transmissions ».

Le lien avec le vaisseau-mère était perdu. Notre petit groupe d’exploration, faiblement équipé, était désormais seul sur cette étendue rocailleuse sans espoir de secours s’il arrivait un incident.

Elsa s’escrimait dans son coin pour bidouiller une antenne plus puissante avec des pièces de rechange trouvées dans le module d’habitation.

Notre char, énorme et robuste véhicule, paraissait à tout instant sur le point de craquer sous la force du souffle.

Les commandes électroniques étaient mortes et je m’efforçais de garder le cap, en tentant que maintenir le char sur ses trois roues. Les cordages me sciaient les mains et je n’y voyais plus rien.

« Fais gaffe ! hurla Elsa, qui avait commencé à grimper au mât pour fixer son antenne de fortune.

Une gigantesque bestiole, une sorte de scolopendre, avait surgi de nulle part.

Il manqua de nous faire chavirer. J’eus juste le temps de rétablir la situation avant l’impact sur la carapace du monstre.

« Bien joué, s’exclama le vieux Pierre, qui était d’un calme olympien.

À la sortie de la tempête, Elsa me tapa sur l’épaule et me dit :

« C’est bon, on a la liaison, je crois !

En effet, le haut-parleur de la radio annonça :

« Ici le vaisseau-mère, il y a eu une erreur de coordonnées, rentrez au bercail, on s’est trompés de planète !

« Tu m’étonnes ! j’ai crié dans le poste.

En rentrant, je comptais bien porter plainte au bureau des réclamations du Syndicat des Explorateurs.

Au vaisseau-mère, le vieux Pierre, Elsa et moi, on s’est bourrés la gueule en se promettant de prendre notre retraite sur une planète peinarde, style Vénus ou Mars.

« Pourquoi pas la Terre, a demandé Elsa.

« Non, pas la Terre, trop polluée, mauvais pour les bronches du vieux Pierre, j’ai répondu.

La prochaine destination était une planète tropicale.

On a fini la bouteille de tord-boyaux et on s’est mis en hibernation tandis que le vaisseau faisait un saut vers l’infini.

« Tu crois qu’il y aura des scolopendres géants ? demanda Elsa au réveil.
Greg.
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Atelier d’écriture du 26/06/2017 - 18h15

Animé par : Greg
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Décrire un ensemble de tableaux
1 – La leçon d’anatomie du docteur Tulp – Rembrandt
2 – La persistance de la mémoire – Salvador Dali
3 – Nuit étoilée – Vincent Van Gogh
4 – Le Fils de l’Homme – René Magritte
5 – Les joueurs de cartes – Paul Cézanne
6 – Portrait d’Adèle Bloch-Bauer – Gustav Klimt
7 – Les Noces de Cana – Véronèse
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4 – Le jeu de cache-cache
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cet homme en costume cravate et chapeau melon est un joyeux luron. Il adore jouer à cache-cache. Mais comme il n’est pas très malin, il pense que dissimuler son visage derrière une pomme verte lui permet d’être invisible. Ou alors il a fait le pari de manger un fruit sans les mains. Le pauvre ! En plus, il va pleuvoir, comme l’indiquent les nuages à l’arrière-plan et ses petits camarades qui doivent certainement se moquer de lui, vont bientôt rentrer chez eux et le laisser en plan , avec sa pomme sur le visage, comme un énorme nez de clown d’une couleur inappropriée.
3 – La planète mystérieuse
C’était le printemps sur la planète Vango, à 18 années-lumière de la Terre, à droite après le premier pulsar. Les multiples soleils jaunes caracolaient dans le ciel bleu pour fêter l’arrivée de l’équinoxe. A l’avant-plan, on voit la fumée noire qui se dégageait de notre vaisseau spatial. On s’était écrasé une heure plus tôt tout près du village qu’on voit en arrière-plan. Selon le garagiste, c’était le joint de culasse qui avait lâché lors de la traversée du Trou Noir N° 7. La soirée s’est terminée dans un champ, à boire et à fumer des trucs interdits sur Terre. Mais la photo est authentique. Sans retouches, promis !
2- Canicule
Sans commentaires
6 – Pénélope portant une robe payée avec ses emplois fictifs.
On voit qu’elle a vraiment que ça à faire !
1 – Il y en a un qui s’est fait mal et la blessure est profonde. Les badauds regardent tandis que le secouriste tente de recoudre la plaie sur place. Âmes sensibles s’abstenir !
5 – Si vous regardez bien, celui de gauche est en train de tricher. Il a cinq as.
Le gars aux vêtements de marin, en face de lui, est en train de se demander s’il ne s’est pas fait avoir. Il regrette d’avoir accepté de jouer cette partie.
7 – Concert au RM
Au programme, des musiciens jouant d’instruments à cordes inconnus improvisent un bœuf. La mezzanine est surpeuplée. La bière a coulé à flots ce soir-là et très peu de personnes ont écouté.
Ou « Atelier d’écriture » (on n’a jamais été aussi nombreux). Celui qui fait les inducteurs a l’air de s’ennuyer. On accepte même l’écriture musicale.
Greg.
***
Elle est pas belle, la vie, dans cette vie sans étoiles ? Elle est pas belle, la vie, dans cet océan de lumière ? Elle est pas belle, la vie ? Pas belle, la vie orageuse ? Fourmillante. Foisonnante. Et le vent qui pousse, pousse. Et les rires d’enfants qui éclaboussent.
Marinette fixe le ciel étoilé. Mille couleurs en une. Mille teintes. Mille soleils réunis en un seul. Elle caresse son petit ventre rebondi.
La campagne ouvre ses bras. Les ailes des montagnes découpent le ciel. Orageux. Nuageux. Scintillant. Comme l’avenir.
Georges revenait de la guerre le lendemain. Il lui avait écrit : « Ne t’inquiète pas, ma douce, ma belle, ma colombe. Ne t’inquiète pas. Les canons ont cessé de déchirer le ciel. La nuit est calme et tranquille. La vie est belle. Je reviens mon ange. Bientôt je serai de nouveau chez nous. Je t’aime. »
Marinette ne se lassait pas de lire et relire cette missive. Elle avait déposé les armes. Elle avait pleuré. Oh ! Pas beaucoup. Juste assez. Juste assez pour lui laisser de la place à nouveau dans sa vie, à son mari. À son cher et tendre.
Elle ne lui avait encore rien dit. Comment dire ça ? Et puis, cette lettre qui a donné à son ciel une pléthore d’étoiles.
Marinette huma l’air du soir. L’odeur de la lavande avait envahi l’espace. Il était onze heures du soir. Un ronronnement doux laissa une fine musique percer. Le train passa. Comme passait le train de ses souvenirs.
Hier. C’était hier déjà. Et la rose et la bague.
Hier. Une éternité. Trois ans.
Elle s’était perdue dans des rêves éperdus. Elle avait travaillé pour la première fois de sa vie et avec son premier salaire avait offert une blouse à sa mère. Pourquoi l’aurait-elle gardé pour elle seule ? Elle avait donné de la voix, à l’église. Tout ça. Tout ça. Et puis ce ciel étoilé. Cette nuit. Comme si le Bon Dieu avait voulu remplir d’espoir son sac déjà bien garni.
Tout ce temps perdu. Tout ce temps éperdu.
« Une étoile et ça veut dire qu’il m’aime… Deux étoiles pour une belle maison... Trois étoiles : je veux qu’il retrouve son travail. »
Marinette baissa la tête. Elle suivit le petit sentier qui serpentait jusqu’à leur baraque. À l’embranchement elle prit à droite.
Il était revenu il y a de cela six mois. Un court laps de temps pour se redire « je t’aime ».
Elle faillit trébucher à cause d’un ridicule caillou disposé au milieu du petit sentier sinueux. Elle échappa un léger cri. Perdu dans la nuit. Un tressautement.
Elle se raccrocha à la branche d’un pin majestueux.
Le pas hésitant, puis nonchalant. Bientôt le souffle court. Demain. Oui, demain, il saurait.
Catherine.
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Atelier d’écriture du 12/06/2017

Animé par : Nelly, Greg
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Inducteur Nelly :Un bouton perdu rêve de refaire sa vie avec une boutonnière. Il en parle à une fermeture éclair un peu coincée.

Inducteur Greg : utiliser les mots : lampadaire, perceuse, soupière, caleçon, gnome
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Mardi – 6h22

Je me réveille avant le réveil. Dans ma tête, l’alcool de la veille s’évapore. Une perceuse essaie d’atteindre ma matière grise. Je me lève en titubant. Dans la cuisine, une soupière trône sur la table. Elle contient des restes indéfinissables qui exhalent une odeur de moisi. Pendant que la cafetière distille son nectar, j’enfile un caleçon et m’habille enfin. De retour dans la cuisine, l’odeur du café a emplit l’espace et chassé les émissions fétides de la soupière. Après avoir consommé le divin breuvage noir, je trouve enfin la force de me diriger vers la porte. C’est dimanche, on est en hiver, mais j’aime prendre l’air de bon matin. Sur le trottoir, des chiens errants se battent. Des automobilistes hagards clignent des yeux à la lueur des lampadaires. Au coin de la rue, un type fait les cent pas, engoncé dans un imper au col relevé. Un chapeau est vissé sur sa tête. Lorsque j’arrive à sa hauteur, enfin sa hauteur, façon de parler, car c’est un gnome, le type m’apostrophe et me dit :

« T’as failli être en retard au rendez-vous ! » 

- Hein, quoi ? Je lui fais

- Le rendez-vous avec ton destin, idiot !

Je hausse les épaules et m’éloigne en riant. Il y en a, je te jure, ils devraient arrêter la picole le samedi soir, ça leur réussit encore moins qu’à moi !

J’en étais là de mes réflexions philosophiques lorsqu’il reprend :

« Hé, Bernard ! »

Je me retourne et je lui réponds :

« Comment tu connais mon nom ? On a gardé les vaches ensemble ou quoi que soit d’autre ? »

Hé oui, Bernard, c’est mon nom. Pas plus laid qu’un autre, ne vous en déplaise. Bref…

Le type me sors alors un truc hallucinant. Je vous laisse juge. Il me dit, comme ça, avec un grand sourire :

« Dans la soupière, ce matin, y avait les restes de ta vie misérable. C’est ça qui sentait le moisi ! »

Je regarde autour de moi, pour voir si c’est pas à un autre qu’il parle. Personne. Puis je le regarde et j’articule :

« Co… comment ? »

Il me fixe et avance droit sur moi.

« J’ai dans la poche la clé de ton destin, le moyen de vivre mieux et de ne pas te traîner cet air misérable que tu te trimballes depuis que t’es en âge de marcher »

Je veux parler mais rien ne sort.

Il extirpe de la poche de son manteau crasseux une vieille clé dorée qui brille de mille feux. Tu vois, genre avec des étincelles ou des paillettes.

Il me la pousse dans la paume, me salue de la main et, devant mes yeux écarquillés, disparaît d’un coup, comme ça, sans laisser de trace ni d’adresse.

Je me pince fort et je regarde la clé qui brille tant qu’elle peut.

« J’espère que c’est pas radio-actif, ce truc ! » je pense en la fourrant dans la poche arrière de mon jean.

Le soleil se lève lentement, les lampadaires s’éteignent. Je rentre chez moi. Sereinement.
Greg.
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Atelier d'écriture du 22/05/2017 - 18h15

Animé par : ?
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Mots : étoile, gourmandise, miel, plume, folie, couler

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Miel !

Il faut du miel pour savourer la folie des étoiles.

Le Remue est une plume d’un ange appelé Folie.

Folie de croire qu’il est possible de couler quelques heures tranquilles avec d’autre aimables fous, de déguster quelques boissons en guise de gourmandise, d’accrocher des étoiles sur le placo-plâtre encore humide d’un local à peine fini. Il est doux de penser que cette plume envolée s’est posée sur un trottoir, devant une porte, sous une enseigne indiquant « Café-Lecture ». Que nous sommes tous tombés d’un camion cahotant appelé « La Vie », qui nous a déposés là, un soir, un matin ou un après-midi devant le seuil. Nous avons tous lu la pancarte indiquant « Ce soir AMAP » ou « Cet après-midi, Lecture à Voix Haute » ou bien « Tango pour tous ».

Attirés par cette petite voix qui nous susurrait d’entrer, nous avons tous été atteints par la douce folie de l’écriture. Des mots comme s’il en pleuvait, pour apaiser les peurs, endormir l’enfant qui est en nous, aimer notre vie parfois merdique, titiller la mélancolie, au fil de soi, au fil du monde, ne plus se laisser retenir par le boulet d’une existence morose, se tenir coi devant la beauté de l’écriture de son voisin, un instant, juste un instant pris au vol, comme une plume, une plume d’un ange appelé Folie et qui a battu trop fort des ailes et laissé tomber, sur le seuil, une plume qui sans faire de bruit est entrée, en coup de vent, s’est invitée et a fait de ces quelques instants une étoile.
Greg.
*** 
Insérer les mots suivants dans un texte : éclair, brindille, chant, mélodie, papillon, clair

Une mélodie retentit
Un papillon s’envola
Une brindille jaunie
En un éclair
Tout était calme ici-bas

En un éclair, une mélodie résonna au fond de la cave du château. Le doux chant d’une soliste m’émoustilla. Tel un papillon, s’envolant d’une brindille, je descendis au sous-sol, pris les escaliers en colimaçon et pénétra dans l’antre de la musique féerique. Un orchestre se dressait là, devant moi. Mes yeux ébahis n’en revenaient pas/ mes oreilles étaient ravies. Je suis restée assise là pendant un moment jusqu’à…ce que mon réveil sonne !

Oh, le joli papillon !
Il vole dans la prairie.
S’il est blanc,
c’est signe de beau temps.
Mélodie à l’unisson
pour un chant uni.
Les criquets rougissant
Et les grillons souriant
Tout ce petit monde fut en un éclair
Au sommet de brindilles jaunies bercées par le vent.
La nature par temps clair,
a toujours quelque chose d’émouvant.

Nicole où es-tu ?
On doit écrire un poème avec 6 mots : éclair, brindille, chant, mélodie, papillon, clair.
Reviens avec ton inducteur…c’est trop dur !

Le Remue Méninges Déménage.
Changement de locaux.
Tel un papillon qui déploie ses ailes
Il prend son envol,
pour poser ses bagages quelques mètres plus loin
Dans ces lieux résonnent encore et résonneront de douces mélodies et des chants endiablés,
Des soirées, des sourires, des paroles échangées.
Parfois en prenant le temps, parfois de façon éclaire, mais tout le temps dans le partage.
Ça c’est clair !
Association faisant la promotion de la lecture et de l’écriture sous toutes ses formes
Aussi fragile qu’une brindille
Entre trois salariés motivés, des services civiques enthousiastes et des bénévoles ravis
Tout ce petit monde se côtoie, se croise et s’entrecroise pour faire ce maillage si précieux qu’est le Remue.
Longue vie !
Virginie.

mardi 25 avril 2017

Atelier d'écriture du 24/04/2017 - 18h15

Animé par: Carole
Mettez-vous à sa place, racontez l'histoire d'un parapluie qui a été oublié
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Lors du dernier atelier d’écriture, j’attendais sagement, suspendu à une étagère, tout à côté de la grande table où les cerveaux et les stylos se dégourdissaient allègrement. C’était la première fois qu’elle m’emmenait avec elle, au Remue-Méninges.
Je me tenais à carreau, le silence glissait sur moi, j’étais intimidé par les hommes et les femmes silencieux qui laissaient courir leur imagination sur papier.
Le moment que j’ai préféré, ce fut la lecture, c’était des histoires de centenaires affublés d’animaux bizarres, c’était très drôle, varié, je me suis bien amusé.
Je me suis laissé distraire, je me suis fait des films avec tous ces personnages cocasses. Je me suis mis à rêver, à somnoler et un gros bruit une table cognée, déplacée… je suis revenu à moi, à l’instant, accroché à mon étagère… et le silence.
Plus grand monde, moins de lumière. Mais où est-elle ?
Hein ?… NON ! Partie sans moi !!! Non ! Pas possible !!! Je me sens mal, je vacille, mais pourquoi ne suis-je pas tombé ? Le choc lui aurait rappelé ma présence !
Je frissonne, je tremble. Je suis tout enfermé, bien replié. Mes rouge-gorge ricanent, ils sifflotent, sautillent, pas moyen de bouger, moi !
Abandonné ! Toute la nuit, je lançais de S.O.S. Elle est forte en télépathie, ma maîtresse, elle finirait bien par m’entendre.
Le lendemain matin, Audrey arrive, j’ai vu qu’elles parlaient ensemble toutes les deux hier soir, peut-être qu’elle va me sauver, me protéger, appeler mon ingrate propriétaire ?
Non, elle dit : « tiens, c’est à qui ? » et me place à l’entrée, dans le porte-parapluie. Je dépasse fièrement. Je suis le plus grand, le plus beau, cela me console un peu.
Dans la matinée, la pensée de ma maîtresse me rejoint, ça y est ! Elle se dit « zut, j’ai oublié R.G. (Rouge-Gorge) au R.M. (Remue-Méninges). Bah, je le récupérerai la prochaine fois »
Quoi, la prochaine fois ? mais c’est quand ?
J’ai tempêté, appelé la main, le regard de l’une, de l’autre passager au café associatif.
J’ai appelé la pluie, à fond. Je suis épuisé, ça fait 15 jours que je suis là, personne ne m’a vu, personne ne me veut !
Abandonné au maximum. Oublié. Inexistant. Effondré. Fantôme de moi-même.
Ce soleil, en plus ! De la provocation !
Oh, il y a une table qui s’installe, des femmes sortent leur papier, leur crayon.
Oh, la voilà ! Misère, elle ne m’a pas vu !
Elle dit bonjour, commande un thé et lance « ah, j’ai oublié mon parapluie la dernière fois ». le barman : « je ne sais pas, je vais regarder »… et tout à coup, la voix joyeuse, elle dit « AHHHHH, il est là ! ». Elle m’attrape et me glisse derrière elle pour ne pas m’oublier.
OOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !
PS – EN VRAI !!!
J’ai vraiment oublié mon parapluie à l’atelier précédent et il porte vraiment des rouges-gorges… et je ne l’ai pas oublié cette fois !
Annie Destombes

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Youhou ! Y a quelqu'un ? Il fait tout noir ici ! Puis, je suis tout mouillé, tout froissé, coincé dans un tube métallique avec des bâtons en fer. Oh hé !!! Hey ! C'est pas vrai ?! Pas encore ! Ils sont tous partis les gens ? Y a plus de lumière ! Mais j'ai peur du noir, moi ! Tu ne peux pas m'avoir oublié ! Je suis tout petit, tout mignon, pliable, rétractable, coloré avec mes jolis petits pois multicolores sur fond crème. Hey ! C'est moi, ton parapluie de poche !
Tu m'as encore laissé au fond du seau, à l'entrée du bar ? Dis moi que ce n'est pas vrai ! Sérieux ?  Alors, tu ne vas pas me faire le coup à chaque fois ? Si ?
C'est-à-dire : tu te sers de moi pour rester au sec pendant tes trajets, travail-bar ou domicile bar, quand il pleut des cordes. Tu me poses à l'entrée et tu me laisses poireauter là, dans le froid, dans l'humidité. Toi, tu passes du bon temps avec tes amis, accoudée au comptoir, à boire des bières et à refaire le monde pendant des heures. Et puis, au moment de partir, la pluie s'est arrêtée et tu repars….sans moi ! Ouin ! C'est trop injuste ! Quelle ingratitude ! Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
J'en ai assez ! Je vais encore passer la nuit ici, seul, fermé, fripé, alors que j'aurais tant aimé rentrer avec toi ; que tu m'ouvres en bien grand dans ton salon pour me faire sécher. Nous aurions, tous les deux, écouté toutes ces douces mélodies que tu mets le soir.
Je n'ai vraiment pas de chance. Tous les autres comparses sont tous partis avec leur propriétaire, eux ! Il y a eu le grand vert, très ample, qui prenait toute la place et qui m'a poussé tout au fond du trou. Il y a eu, le petit noir au manche rétractable et coudé. Il y a eu le petit rose avec des cœurs de cette fillette de 5 ans : c'est mon préféré. Tout le monde est reparti sauf moi !
Je vais me venger. Un jour, je vais sortir une mes baleines, comme ça à l'improviste et paf ! Dans l'œil ! Et vlan ! Ou bien, je vais m'envoler et me faire la malle un jour de grand vent et me laisser porter, emporter là où le vent décidera. Ou encore, je pourrais faire celui qui ne peut plus se refermer ou qui ne peut plus s'ouvrir. Mais pour cela, il faudrait que tu reviennes me chercher. Pour cela, il faudrait déjà que tu te rappelles que tu m'as oublié et où tu m'as laissé. Mômaaannnnn ! Ouin ouin …
Où es-tu môman ? Ah, si seulement j'étais ta brosse à dents ! Tu te servirai de moi tous les jours, jusqu'à 3 fois par jour. Tu m'emmènerai en voyage. Aahhh !!! Ah, si j'étais une de tes clefs, je serai tout le temps avec toi, dans une de tes poches ou dans ton sac à main. Mais non, je ne suis que ton parapluie. Snif ! Dans une prochaine vie, dis, on pourra échanger nos rôles ? T'es ok ? Et là, tu vas comprendre ma douleur ! Niac ! Niac ! Niac ! 
Virginie.


jeudi 13 avril 2017

Atelier d'écriture du 10/04/2017 - 18h15


Animé par : Nelly
Imaginez-vous à cent ans avec un animal de compagnie insolite.
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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Je souffle mes 100 printemps. Ça fait bien longtemps que j'ai perdu toutes mes dents, bon nombre des membres de ma famille et de mon cercle amical. Tous sont partis dormir au firmament.


J'ai relu pour la énième fois, le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson. Quelle vie va-t-il eu ! La mienne est beaucoup moins rocambolesque, juste un petit peu plus classique. Elle ressemble à celle du personnage décrit dans la chanson la centenaire de Linda Lemay. 7ème enfant d'une fratrie de 12 dans le sud de la France. J'étais lavandière. Je me suis mariée très jeune. J'ai eu 8 beaux enfants. Je suis devenue grand-mère puis arrière-grand-mère. Tout ce petit monde est, aujourd'hui, soit six pieds sous terre, soit à l'autre bout de la terre. Ah ! la vie d'expat', c'est formidable parait-il ? Je reçois des courriers de temps en temps de mes arrières petits-enfants. Je les lis silencieusement au coin du feu, avec, sur mes genoux, mon kiki.


Kiki, 12ème du nom. C'est ma petite boule de poils. Ce n'est pas très résistant comme bestiole : une espérance de vie de 5 à 7 ans. Mais, c'est très attachant. C'est un croisement entre un chien angora et une plante verte du désert marocain. Mon kiki a les yeux couleur menthe à l'eau, le poil long et brillant et des oreilles éléphantesques. Son cri est fluet. Il ne pèse pas lourd mon kiki, à peine un kg. Il est tout rikiki mon kiki ! Mon kiki est hermaphrodite. Il est très fidèle. Il me suit partout dans mon logis où je vis en colocation avec des jeunes retraités de 70 à 80 ans. Ensemble, on se fait des soupes parties et des soirées purées de légumes à gogo. C'est plus facile à manger et en plus, on peut oublier de mettre nos dentiers. ;-) Et puis mon kiki, il aime bien lécher les fonds de plats. Il léchouille pendant des heures nos fonds de soupières.


Le temps passe inexorablement. Il semble que la mort m'a oubliée. Combien de kiki vais-je encore connaître ? On me parle souvent de Jeanne Calment qui a vécu 120 ans. Putain ! Encore 20 ans à trainer cette vieille carcasse ! Je tue le temps comme je peux entre les émissions de radio à tue-tête : ah oui je suis devenue dure de la feuille ; la lecture des journaux : ce qui peut prendre pas mal de temps car pour cela je dois mettre la main sur mes lunettes. Avec mes colocataires, ce n'est pas gagné. On se fait souvent des farces entre coloc', on se cache des objets. Ça pimente le quotidien. La dernière fois, mes lunettes ont fini dans le tambour de la machine à laver, programme à 90°, essorage 900 tours minute. Je vous laisse imaginer la suite.  On passe des heures à jouer aux cartes, aux scrabbles ; à écrire ; à raconter nos vieilles histoires que nous connaissons désormais tous par cœur…depuis le temps que nous cohabitons.


J'ai décidé de raconter ma vie dans un livre. A force de ressasser nos vieux souvenirs à mes coloc', je me suis dit que j'allais coucher sur papier toutes nos histoires. Peut-être cela intéressera-t-il quelqu'un, qui sait ? C'est que j'en ai vu des choses en 100 ans de vie et la vie a bien changée, évoluée depuis ma plus tendre enfance. Je me prends à rêver d'édition, de fête du livre, de dédicaces, d'interviews…Ça me donne le sourire (sans dent). Mon kiki est du même avis. De toute façon, il n'a pas trop le choix car c'est moi qui lui prête des intentions, des émotions, des attitudes en fonction de mes envies et des humeurs. Je l'aime bien mon kiki. C'est peut-être mon seul vrai Ami. Cent ans d'une vie, à votre avis, ça fera combien de pages ? Aurai-je un prix littéraire ? Allez, dîtes-moi oui !
Bon, je vous laisse, j'ai le roman de ma vie qui m'attend ! 
Virginie.
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Gros-Bec frappe à la porte. Il est déjà de retour, traînant derrière lui, dans un chariot à suspension magnétique, les provisions que je lui ai demandé d’acheter au supermarché coopératif installé sur le boulevard. J’y serais bien allé moi-même, mais j’attends encore ma paire de jambes cybernétiques que ma mutuelle avait promis de m’envoyer la semaine dernière. Il fait déjà nuit et les restrictions d’électricité décidées par le gouvernement afin de réduire les déficits énergétiques sont entrées en vigueur depuis deux mois. Heureusement que j’ai pu m’équiper d’implants oculaires infrarouge achetés à bas prix sur le Net. La batterie de mon fauteuil n’est pas loin de rendre l’âme, mais il me transporte tant bien que mal jusqu’à la porte d’entrée. La porte coulisse et Gros-Bec me salue de ses petites ailes atrophiées. C’est une petite autruche génétiquement modifiée pour répondre aux normes européennes réglementant la taille et l’intelligence des animaux de compagnie. Je débarrasse mon gros oiseau du harnais le reliant au chariot et il me remercie de son œil noir globuleux, avec un hochement de tête. Je le grattouille sous le bec. Il adore ça. Puis je lui présente une petite assiette de graines de courge qu’il avale goulûment. Je lui sers une ration d’eau supplémentaire après avoir vérifié que le stock serait suffisant jusqu’à la prochaine distribution municipale par camion-citerne. Heureusement, il m’en reste suffisamment pour finir la semaine.
Je m’endors ensuite sur mon fauteuil, après un énième visionnage du 25e épisode de Star Wars que je n’ai toujours pas compris. C’est qui, Dark Vador, déjà ? Je croyais que la princesse Leïa était mariée avec Han Solo, mais ils ont divorcé et Leïa s’est mise en couple avec Chubaka, la créature poilue. Ça va trop vite pour moi. Gros-Bec étaient tous les appareils de l’appartement pour économiser les batteries fournies gratuitement aux retraités par EDM (Électricité du Monde). Eh oui, parce que je suis un jeune retraité depuis quelques mois. Avec les nouvelles lois, je n’ai pas pu arrêter de travailler avant cent ans révolus. Tout ça à cause des mesures d’austérité mises en place par le Président de la Terre, Ronald Trompe, un éléphant modifié spécialement pour faire de la politique. Il me fait marrer, celui-là, avec ses cheveux jaunes et ses projets de muraille pour lutter contre l’immigration des martiens qui viennent abuser des terriennes et prendre le travail des honnêtes terriens. En plus, sa trompe est minuscule et ses oreilles sont tellement larges qu’elles cachent son visage lorsqu’il les bouge très fort.
Gros-Bec me réveille vers huit heures du matin, par des petits coups de bec sur la joue. Devant moi, la table est mise. Au menu, croquettes aux algues et fricassée de sauterelles aux petits oignons. Miam ! Quand je pense que dans ma jeunesse, on se régalait d’un morceau de viande de vache et de légumes poussant dans la terre. Aujourd’hui, la terre est épuisée, que voulez-vous. Il ne nous reste que des étendues agricoles sous serres et d’immenses fermes où on cultive des algues et où on élève des insectes. Et le climat, je ne vous raconte pas ! La semaine dernière, une tempête de sable s’est levée et il a fallu déblayer la place de l’Hôtel de Ville et les immeubles autour à la pelle mécanique. De ma fenêtre, je vois les palmiers du Parc de Montaud. Si les paysans bio se débrouillent bien, on aura peut-être des noix de coco, l’hiver prochain.
Greg.
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samedi 18 mars 2017

Atelier d'écriture du 13/03/2017 - 18h15 - Délocalisé à "Ici Bientôt"

Animé par : Carole
Tirage au sort de mots pour écrire un poème
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Je tire 7 mots :
tendresse – plaisir – couleur – ardoise – solitude – rire – nuage
Chaque nuage de solitude m’oublie
Couleur opale, nostalgie de tendresse
L’ardoise s’efface et le rire s’ennoblit
En douce survient du plaisir la promesse.
Annie Destombes