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mardi 7 mai 2019

Atelier d'écriture du 03/12/2018 : Cadavres exquis


Thérèse
1 Un jour ou deux après cette rencontre
2 Sur une table d'opération,
3 Les indiens ont acheté une multitude de confettis
4 Quand tout à coup le canard s'enfuit en caquetant de plus belle.

5 Le roi cherchait désespérément sa chaussette gauche
6 Dans sa chambre rouge aux rideaux dorés
7 Et la reine éternellement vieille et frigide
8 S'écria :"Vos gueules les mouettes"

9 Alors partout dans les cieux
10 J'écris avec mon stylo
11 Complètement mouillé et violet

12 Là où le soleil se lève uniquement une fois par an.
13 J'ai pensé que l'arbitre allait arrêter le match
14 Et j'ai vomi.

Xavier
1 Un jour je pars au stade
2 Ce bar là, c'était son lieu de prédilection.
3 Les indiens bouffèrent leurs flèches
4 Quand je rentrais de mon séjour sur la lune.

5 Le roi se mit à hurler :"Qu'on lui coupe le tête!"
6 Au milieu de l'échangeur autoroutier
7 Et la reine déjà maquillée
8 S'écria :"Tuez-moi!"

9 Alors au milieu du rond-point
10 Je pris mon élan pour franchir l'obstacle
11 Complètement troublé et retourné.

12 Là où des lombrics criaient et nageaient
13 J'ai pensé :"Que ce serait bon de chanter sur un tapis volant!"
14 Et j'ai vomi.

Noémie
1 Un jour un stroumpf mangea une pomme
2 Dans la salle du restaurant
3 Les indiens avaient organisé une fête magnifique à Diwali
4 Quand tout à coup une soucoupe volante arriva.

5 Le roi refit ses lacets à toute vitesse
6 Au fond des toilettes publiques
7 Et la reine arborant un crâne rasé luisant
8 S'écria :"Tu sens des pieds!"

9 Alors dans le ventre putride de la reine
10 J'attendais le bus en nourrissant des pigeons
11Complètement abasourdi et découragé par l'ampleur de la tâche

12 Là où je t'emmènerai
13 J'ai pensé que je pouvais retourner à la Huasteca
14 Et j'ai vomi.

Yozajandi
1 Un jour les Alebrijes marchent sur toute la rue de la République
2 Dans la caverne d'un orque
3 Les indiens étaient une grosse équipe de foot américain
4 Quand le vent se mit à souffler en rafales, le directeur décida d'arrêter le jeu de ballon et les enfants étaient mécontents. Quelle déception!

5 Le roi s'en alla retrouver la reine
6 Là où la soupière s'était renversée
7 Et la reine, égarée dans son pyjama en pilou
8 S'écria : "Passe moi le sel, Jean-Pierre"

9 Alors dans le château un grand branle bas de combat
10 Je ne fais pas partie de l'histoire
11 Complètement dépenaillé, habillé en haillons

12 Là où le cheval avait refusé l'obstacle
13 J'ai pensé que la terre était ronde
14 Et j'ai vomi

Anne
1 Un jour alors que je marchais
2 Dans l'usine abandonnée
3 Les indiens faisaient du hockey subaquatique
4 Quand je pense que je n'ai pas été sélectionné

5 Le roi avait décidé d'admettre le comte de F. à son petit coucher, car il voulait le remercier d'avoir si bien conduit ses troupes à la victoire
6 Là où les araignées tricotent
7 Et la reine dans sa robe de soie à pois
8 S'écria: "Où qu'ils sont tous passés ces pélots!"

9 Alors sur la lagune déserte
10 Je regardais ce tableau de ma fenêtre
11 Complètement à côté de la plaque

12 Là où je l'avais embrassée pour la première fois
13 J'ai pensé :"non mais quel cirque ce bazar!"
14 Et j'ai tiré ma révérence.

Laurence
1 Un jour, un petit oiseau guilleret décide de quitter la branche sur laquelle il est perché.
2 Au restaurant
3 Les indiens sautent autour de la flambée
4 Quand l'ouragan lava entièrement le chien

5 Le roi jouait merveilleusement bien, après son stage intensif
6 A cet endroit-là, la rivière était limpide mais le courant très profond
7 Et la reine complètement ivre
8 S'écria :"Saperlipopette! rendez-moi mon parapluie!

9 Alors, dans la petite cabane au fond du jardin
10 Je triais les livres par couleurs
11 Complètement heureux

12 Là-où les indiens avaient conquis l'Europe
13 J'ai pensé :" Merde, j'ai oublié d'acheter du pain!"
14 Et j'ai vomi.

Greg
1 Un jour je suis tombé dans une flaque
2 Dans la vieille grange remplie d'objets inutiles et poussiéreux
3 Les indiens arrivent avec leurs armes
4 Quand elle est arrivée à la station de Tarubaya

5 Le roi décida de se faire de longues tresses
6 Le stade de France était plein, la fanfare jouait les hymnes
7 Et la reine, venant juste de sortir du lit, se mit à bailler
8 S'écria :" T'as vu mon test de grossesse?"

9 Alors dans le café des remue-méninges
10 Je file à l'anglaise
11 Complètement frauduleux

12 Là où le soleil commence à briller
13 J'ai pensé:" Toute cette énergie gaspillée dans le non-bonheur de tant de gens!"
14 Et j'ai vomi.

Lucas
1 Un jour Macron a été élu avec les honneurs
2 Dans l'arène d'un cirque au milieu des éléphants
3 Les indiens Oukoulouminion n'étaient pas du tout d'accord
4 Quand Madonna débarqua.

5 Le roi Pablo a dit les blagues les plus pourries
6 En équilibre sur un fil tendu à 4000m d'altitude entre deux volcans.
7 Et la reine, visage sombre des mauvais jours
8 S'écria :" Où as-tu caché ma culotte?"

9 Alors dans l'armoire à balais
10 J'ai éclaté de sourire
11 Complètement fou

12 Là où les voitures étaient garées en épis
13 J'ai pensé :" C'est la fin de la royauté"
14 Et j'ai vomi.

Louis
1 Un jour le Père Noël resta coincé dans la cheminée
2 Dans la villa du prince de Tombouctou
3 Les indiens, médusés, buvaient leur cacao
4 Quand la mère arrive sur un balai, car c'était une sorcière

5 Le roi du dancefloor se déchaîne sur la piste
6 De la forêt indigène que tout le monde veut protéger
7 Et la reine, recouverte d'un manteau d'algues bleues
8 S'écria: "Dehors l'arbitre il n'y a pas de faute."

9 Alors, dans le grenier, retentit un hurlement terrifiant
10 Je fermai ma braguette
11 Complètement désarticulé

12 Là où se perdent les pensées
13 J'ai pensé:" Mais où allons-nous donc avec cette histoire?"
14 Et j'ai vomi.

Laurent
1 Un jour il décida de parler pour ne plus s'arrêter
2 Dans le pavillon de ma voisine
3 Où les indiens étaient.
4 Quand la marée est basse les crabes se serrent la pince.

5 Le roi qui en avait marre décida d'aller se coucher
6 Dans le grenier.
7 Et la reine grosse et toute plaquée
8 S'écria :" Rendez-moi tout de suite mon hippocampe"

9 Alors dans la surface de réparation, l'arbitre demande la vidéo.
10 Je bois du vin chaud et je souhaite que les fêtes de fin d'année soient vite passées
11 Complètement lessivé

12 Là où il avait tant espéré la retrouver
13 J'ai pensé :" Il faut que j'aille aux toilettes"
14 Et j'ai vomi.

Laurie
1 Un jour, il fit la découverte du goût des croquettes de son chien
2 Au milieu de la place du peuple.
3 Les indiens sont venus le libérer
4 Quand la lumière fût.

5 Le roi, portait seulement un caleçon
6 Dans le lit d'une rivière autrefois poissonneuse,
mais que les déversements de l'usine chimique avaient rendue stérile
7 Et la reine vêtue de sa plus belle robe
8 S'écria: "Auxilio! auxilio!" mais personne comprenait.

9 Alors, dans la grande crinière du cheval royal,
10 Je respire enfin, j'avais bien vu la faute.
11 Complètement ravagée cette nana! Qu'on la foute en prison!

12 Là où les grenouilles gargouillent.
13 J'ai pensé:" Quel chien magnifique!"
14 Et j'ai vomi.

Claire
1 Un jour je suis tombée sur toi
2 Dans le container à ordures de la rue Michaud.
3 Les indiens avaient commencé une longue méditation
4 Quand la cheminée commença à fumer.

5 Le roi décapita instantanément une rangée d'indiens innocents
6 Sur le chemin bordé d'arbres et de sucettes géantes.
7 Et la reine des pommes, aussi laide que sotte
8 S'écria :" J'ai faim"

9 Alors dans Xochimilco la fête commence.
10 Je décidai d'aller cueillir des mûres sauvages
11 Complètement manqué le tir, trois mètres au-dessus de la barre transversale.

12 Là où il y avait eu des rires, des danses, des feux de joie,
il n'y avait plus que des chaises à moitié cramées.
13 J'ai pensé :" J'me taperais bien un vin chaud!"
14 Et j'ai vomi.

Jean-Marc
1 Un jour, j'ai mangé des fleurs
2 Dans la grande soupière de la splendide salamandre.
3 Les indiens s'essayent à faire de la purée de patates
4 Quand les gilets jaunes s'étaient mis à danser sur le rond point.

5 Le roi se réveille, les pieds trempés
6 Dans la direction de la mer Méditerranée.
7 Et la reine, qui avait les traits tirés
8 S'écria: "Oh la belle lampe de chevet!"

9 Alors, dans le garage,
10 Je vais tourner rapidement sans arrêter
11 Complètement recouvert de boue et de bestioles vertes de vase.

12 Là où j'ai vu les supporters envahir la pelouse
13 J'ai pensé:"Quand même! Tout ce cirque pour ça!"
14 Et j'ai vomi.(Mais c'était un rêve, un rêve!)




Le nom du texte est le nom de celui ou celle qui a écrit la première ligne du texte.
Pour retrouver toutes vos lignes, prenez la 1ère ligne du texte qui porte votre nom puis la 2 ième ligne du suivant puis la 3 ième ligne du suivant etc en sachant qu'après le 13 ième on revient au 1er.

Si vous voulez créer un texte original choisissez une liste des 13 nombres de 1 à 13 dans l'ordre que vous voulez, par exemple 2,4,6,8,10,12,1,3,5,7,9,11,13 et prenez (dans mon exemple)
la 1 ière ligne du texte 2
la 2 ième ligne du texte 4
la 3 ième ligne du texte 6 etc

dimanche 19 juin 2016

Atelier d'écriture du 13/06/2016 - 18h15

Animé par : Sarah
Première phrase complète prise page 99 du roman « Laura C. » de J. Duquesne :
« Les policiers écoutaient à peine, un peu embarrassés quand même ».
Consigne : intégrer cette phrase dans un texte, mais ni comme incipit, ni comme conclusion.

***

« Au marché de Brive la Gaillarde
À propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux, sans vergogne
C'est un usage bien établi
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout l'monde se réconcilie
Ces furies perdant tout'mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent, je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol »

Là cesse mon emprunt à Georges
L'récit maintenant est de moi
Ça crie comm' cochon qu'on égorge :
« Des renforts ! Des renforts ! Holà ! »
Le maire appelle la préfète
Qui aussitôt relaye l'SOS
« Envoyez vite une estafette !
Oui ça urg', je dis mêm' ça presse ! »

V'la donc les renforts qui rappliquent
On tent' un point d'situation
On va expliquer à ces flics
La genèse de cette baston
Les policiers écoutaient à peine
ça les gavait bien d'être là
Un peu embarrassés quand même
Mais leur chef a dit : « On y va ! »

Alors ils fonc'nt dans la mêlée
Ils sortent leur canon à eau
Hésit'nt : « Est-ce qu'on va taser
Ou s'borner à des lacrymos ? »

Soudain les femelles en rage
Cessent de cogner les guignols :
Ell's doiv'nt rentrer fair' leur ménage
Et chercher les mômes à l'école
Que reste-t-il de cett' bagarre
Un peu r'vue, un peu corrigée
Quelques brib's dans quelques mémoires
Quelques trous place du marché
Brive la Gaillard', si charmante
A repris son gentil train-train
Une histoir' de gnons et de pains !
Mais parfois, c'est vrai, on y chant'

Et pour ceux qui voudraient revenir au texte original de la chanson du grand GeorgesBrassens, le titre en est « Hécatombe »
Laurence.
***
Jeudi soir, au sortir de l'AMAP, alléché par la perspective d'une bonne salade verte et de pommes de terre rissolées, je marchais d'un bon pas, perdu dans mes pensées culinaires. Mon sac Lidl se balançait doucement au rythme de mes pas. Le nez en l'air, admirant les étoiles, je ne m'étais pas aperçu que je m'étais éloigné de la ville, doucement bercé par la fraîcheur du soir. Je me suis retrouvé sur un chemin de terre et, après quelques instants d'égarement, je me suis à nouveau mis en marche vers ce que je supposais être la direction de mon logis. J'arrivai à une petite route et il ne restait plus qu'environ deux kilomètres à parcourir lorsque, derrière moi, résonna une petite voix.
« Schluf Zorbizof Euro 2016 ?
Une fois mes yeux habitués à l'obscurité, je vis une petite silhouette, un peu malingre, surmontée d'une tête grosse comme une pastèque dont les yeux noirs me dévisageaient d'un air interrogateur. Je ne savais pas quoi répondre. Peut-être était-ce simplement un supporter tchèque qui s'était égaré dans la campagne et cherchait le stade Geoffroy Guichard. Alors, je me suis lancé dans des explications complexes et embrouillées pour lui indiquer le chemin. Ça n'a pas été très probant. Le type a ensuite tourné les talons après avoir baragouiné un truc comme « Xeroflu Bleuren Guichard ».
J'ai haussé les épaules et j'ai repris mon chemin sans me poser de questions et c'est là que je l'ai vu. Derrière les arbres, ça a fait comme une lueur bleuté, un long sifflement aigu et de la fumée blanche. Ça volait lentement au début, c'était comme deux sous-tasses collées l'une à l'autre, vous voyez ? Ou plutôt un gros macaron noir avec des voyants qui clignotaient de partout, comme dans ce film des années quatre-vingt, vous savez ?
Les flics écoutaient à peine, un peu embarrassés quand même. Y en a un qui regardait son café, un autre se grattait la tête, le troisième tapait sans conviction sur le clavier de son ordi.
Ils m'ont fait un alcootest et j'ai repris mon sac. J'en ai vu un qui rigolait dans le couloir. Ça ne m'a même pas vexé. Je suis resté digne, avec mes légumes bio et ma conscience tranquille. Ils en feront une drôle de tête quand, à la place d'un match de l'Euro 2016, ils verront un vaisseau de l'espace se poser sur la pelouse du terrain.
« Bogdanof Schogli », m'a fait un petit être sur le trottoir avec un signe de sa main à trois doigts.
« Bienvenue sur Terre », je lui ai répondu.
Une invasion, c'est pas franchement ce qui peut nous arriver de pire, au point où on en est !
Greg.

dimanche 5 juin 2016

Atelier d'écriture du 23/05/2016 - 18h15

Animé par : Greg, sur la base d'idées de Laurence.
Soutien au Remue-Méninges
Quel est votre plus beau souvenir au Remue-Méninges ?
Et si le Remue-Méninges n'existait plus ?
« Je me souviens de ma première fois au Remue-Méninges »
Écrire une chanson sur un air connu qui explique ce qu'est le Remue-Méninges.
Raconter ou inventer une anecdote ayant pour cadre le Remue-Méninges
***
On prend l’habitude…

Raser le coin de la rue Émile Reymond
Prendre à gauche rue Désiré Claude (qui, en vrai, s’appelait Claude Désiré)
Apercevoir à quelques mètres, sur le trottoir, le panneau surmonté d’une marque de blonde tchèque
Vérifier le programme du jour, histoire de ne pas s’agréger par mégarde à une distribution de légumes avec un stylo pour tout potage…

Normalement on est lundi, le lundi c’est écriture.

Et là… RIEN !!

Plus de panneau
Pas une chaise en terrasse
Plus de devanture rouge
Zéro vitrine.
C’est un cauchemar.
La rue est, comme d’habitude, fréquentée par des bagnoles.
Mais sur le trottoir on peut voir errer, désemparés, comme autant de points d’interrogation :
  • Un couple de danseurs de tango (en costume, escarpins cirés),
  • Plusieurs individus, le cahier sous le bras,
  • Un grand monsieur qui porte un estofa-fuòc rouge, prêt à servir, de marque CSP
  • Un barman sans plateau, deux plateaux (d’échecs) sans joueurs
  • Des piles de livres sans lecteurs
  • Des lecteurs sans leur verre
  • Des gens qui jouent dans une pièce de vampires et se lancent des répliques de la pièce « Grand fou ! – Non, je ne suis pas fou », etc.
  • Amnesty International en train de préparer tout de même leur prochaine soirée d’info…
Et puis, et puis…
Des livres des livres des livres, des gens. Un frigo vide, béant. Un piano avec toutes ses dents, mais muet. Un percolateur, dix bouteilles de sirop dont certains aux parfums très étranges. Des tabourets, un fauteuil rouge, des pages et des pages d’écriture évadées d’un gros classeur : prose, poésie, contes… Une farandole de chaises, d’affiches, des tableaux, deux ou trois dessins rigolos…
Et pas le moindre raton-laveur.
Sur le trottoir opposé : trois canapés vides alignés.
Je m’assois donc et contemple en face de moi la bâche aux couleurs criardes avec son slogan racoleur, qui recouvre l’emplacement de notre café associatif préféré :
« LOCAL A RECONVERTIR EN COMMERCE PAYANT.
ICI LA VILLE DE SAINT-ÉTIENNE BÂTIT VOTRE AVENIR ».
Tu parles…
Marie-Hélène.
***
"Je me souviens de ma première fois au Remue Méninges"


Ma première soirée au Remue Méninges... j'ignorais alors qu'elle allait constituer le début d'une longue, longue série d'autres premières.

Installée à Saint-Étienne depuis quelques semaines, j'avais abordé l'une de mes nouvelles collègues avec laquelle il paraissait que j'avais quelques atomes crochus. D'ailleurs, c'était elle qui avait commencé en me disant "J'aime bien ton côté baba cool, tu dois manger bio, non ?". Sans blague, ça se voit tant que çà ?!!
Je l'avais abordée, donc, pour lui demander si elle connaissait un lieu où je pourrais avoir des légumes bio, locaux... "une AMAP quoi !", avais-je précisé, "je faisais çà à Lille où j'habitais avant, et je trouvais que c'était à la fois sympa et très bon !"
- Tu fais quoi jeudi soir ? Me répondit-elle
- Ben, rien... je connais encore personne ici... à part les collègues du service
- Bon, alors je t'emmène boire un coup au Remue Méninges, c'est là que je prends mon panier AMAP depuis 2 ans. L'endroit devrait te plaire, ajouta-t-elle avec un petit sourire...

Et me voici de retour chez moi, l'adresse du Remue Méninges bien notée sur un post-it emprunté au service. Voyons, mon plan de Sainté (ah oui, en quelques semaines j'ai déjà appris qu'on pouvait dire "Sainté"), repérage de l'itinéraire entre chez moi et le 59 de la rue Désiré Claude. OK, je suis parée, et je retrouve ma collègue devant le Remue Méninges. (A noter que, pour ma première fois, je n'ai pas galéré pour stationner ! Depuis... c'est souvent une autre histoire !).

Bon, ben m'y voici dans cet endroit qui "va sûrement me plaire".
- Salut Christine, tu vas ?
5 ou 6 personnes se sont approchées de ma collègue...
- Je te présente Laurence
Et clac, direct, 5 ou 6 bises claquent sur mes joues
- Tu bois quelque chose ?
- Moi, c'est Jean-Louis
- Salut, moi c'est Ben
- Sois la bienvenue !
Et puis voilà Didier et ses paniers de légumes...
C'est sur, la première impression est plus qu'encourageante... elle frôle même l'enthousiasme !
- Tiens, prends un programme ! Me glisse Justine, ou Audrey, je ne sais plus

C'était donc un jeudi.
La semaine suivante, j'étais à l'atelier d'écriture le lundi, puis le jeudi à l'AMAP, puis le vendredi à un concert.
Et puis après, les autres semaines suivantes, juste pour retrouver, toujours intacte depuis bientôt 2 ans, la chaleur du lieu, les échanges, les copines et les copains (çà change des collègues, même s'ils sont cools), une, deux, trois fois par semaine, parfois plus..
Et puis même les week-ends lorsqu'il y a des choses prévues, le festival Paroles et Musiques, les Guinguettes, et puis aussi le bénévolat au bar, et l'engagement au CA...

Allez, j'avoue : si j'ai eu envie de me poser à Saint-Étienne, si je fais tout pour pouvoir y rester, ma première fois au Remue y est pour quelque chose !

Et ma collègue ? Elle va bien, et je la remercie encore de m'avoir amenée jusqu'ici !

Laurence.
***
Je me souviens...
Du Remue-Méninges comme d'un lieu avec des fauteuils, des tables basses, des chaises dépareillées, une toile cirée à pois sur une petite table carrée. Sur une minuscule estrade rouge dans le fond, était installé un groupe de musiciens aux accents latinos ou autres. Au comptoir, on buvait de la bière locale en devisant sur l'état du monde ou sur les petites misères du quotidien.
Près de la grande fenêtre donnant sur la rue, une étagère remplie de BD, à côté d'un canapé usé mais semblant encore confortable. En face, des livres rangés sur des rayonnages noirs. Sur une petite bibliothèque, des ouvrages de poésie en dépôt-vente.
Je n'avais pas encore saisi la signification du terme « participatif », mais j'avais déjà classé le lieu dans la catégorie « insolite ».
Après le concert, des personnes du public sont montés sur la scène pour un « bœuf » à la guitare et aux percussions, quelques-uns ont entonné une chanson. L'ambiance était au max, l'atmosphère chaleureuse et simple, pleine de vie.
C'est bien après, vers la fin de la soirée que je l'ai aperçu, du coin de l’œil. Au début, il n'avait pas attiré mon attention, noyé qu'il était dans la multitude d'autres comme lui.
Un petit flyer dont la couleur n'est pas restée dans mon souvenir. Je l'ai pris dans la main et il m'a dit, d'un ton sympathique :
« Atelier d'écriture, les deuxième et quatrième lundis du mois au Remue-Méninges »
C'était quelque chose que je recherchais depuis toujours et ce lieu me tendait les bras, me déclarant :
« Hé, ça peut t'intéresser ! »
Un lieu rare, fragile comme toutes les choses rares, comme toutes les espèces en voie de disparition, où on peut lire, écrire, parler, écouter, entendre, regarder, voir, participer, prendre la parole, organiser, chercher, trouver, réfléchir, donner et prendre des idées, emprunter et échanger des livres, gérer, prendre des responsabilités ou tout simplement boire des verres, s'en faire offrir, en payer, même passer derrière le comptoir pour en servir. Bref, un monde en soi, un univers, mais un univers ouvert vers l'extérieur, l'autre.
Les différences déséquilibrent et font tourner la grande roue de notre planète, elles bousculent, elles sont in-maîtrisables, irréductibles, effrayantes parfois, mais elles constituent le combustible de notre monde, le seul qui soit inépuisable et renouvelable.
Le Remue-Méninges porte en lui tout cela, il porte une dynamique qui ne s'effondre pas si on le laisse vivre.
Cette leçon vaut bien une subvention, sans doute ?
Greg.

mardi 17 mai 2016

Atelier d'écriture du 09/05/2016 - 18h15

Animé par : Jérôme
Haïkus
***
Plume d'oie envolée, 
Oreiller bien secoué, 
Nuitée reposante. 

Petit déjeuner, 
Café, thé, biscottes beurrées, 
J'aime ce début de journée. 

Stylo égaré, 
Pas d'écriture aujourd'hui. 
Je m'en vais danser. 

Train sifflant au loin, 
Des voyages inoubliables, 
Retour enchanté. 

Pain au chocolat, 
Tout fondu sur mes 10 doigts, 
Mes mains dans la bouche. 

Tableaux au musée, 
Représentations obscures, 
Regard médusé. 

Poème déguisé, 
La saison du bal masqué, 
Les cœurs chavirés. 

Étagères bien vides, 
Vite, des courses chez le libraire, 
Mes livres déposés. 

Manque d'inspiration, 
Je réfléchis et je compte, 
Pour faire un haïku. 

Bébé a pleuré, 
Couches changées, biberon bu, 
Silence retrouvé. 

HIVER 
La neige au soleil, 
Mon bonhomme de neige fondu, 
Photo prise à temps. 

PRINTEMPS 
Jolies fleurs des champs, 
Bouquets dans la maisonnée, 
Senteurs parfumées. 

ÉTÉ 
Soleil au zénith, 
La crème solaire oubliée, 
Rougeurs avérées. 

AUTOMNE 
Feuilles d'automne au sol, 
Trébuchent les marcheurs distraits, 
Chevilles emplâtrées.

Virginie.
***


Printemps

Fleurs, bourgeons, feuillage,
Branches chargées dans le soir
Vent du Sud réchauffe

Gouttes de dégel
Chemins boueux ruisselants
Les oiseaux reviennent

Été

Soleil au zénith
Lunettes noires sur nez posées
Je transpire gaiement

Goudron sec et mou
Ventilo à fond
Le serpent s'active

Automne
 
 La bise enragée
Ôtait des branches les feuilles
Dénudant les arbres

Les ours s'engraissent
Et se lovent dans les grottes
Pour être bien au chaud

Hiver

Manteau blanc crémeux
Crisse sous les pas légers
De la femme perdue
 ----
 Tambour affolé
Mon cœur jaillissant s'emballe
Trop de caféine ?

Bête apeurée
Dans les bois, danger
Le prédateur rôde

Lumière assassine
Blesse mes rétines
Ô été fantastique

Rails luisants
Traversent prairie sans fin
Une fumée dans le lointain

Clics intermittents
Clapotis du clavier
Ordinateur planté

Cuillère abandonnée
Miettes dans la soucoupe
Mélancolie du dessert terminé

Soif de sang
Dans la nuit il grandit
Le vampire approche

Bateau étranger
Escale à Valparaiso
Je suis un aventurier

Odeur de bière froide,
Mégots sur le sol,
Promis, demain j'arrête

Système économique défaillant
Nature en berne
Apocalypse à l'horizon
 
Frottements du crayon
Le dessinateur est à l’œuvre
L'inspiration l'entraîne
Greg.
***
Mièvreries vert tendre 
P'tits bourgeons, gentils zoizeaux
Printemps, trémolos

 Un oiseau qui chante
Les jours s'allongent en parfums
Printemps si joli 

Chaleur étouffante
Pas d'air, corps suants étalés
Galères de l'été

Repos mérité
Moments partagés, balades
La douceur des soirs 
 

Vent tourbillonnant
Feuilles arrachées, rentrée
Automne déprimant

 Rentrée, retrouvailles
Cris des enfants dans la cour
Marrons écrasés 

Orteils congelés
Neige grise dans les rues
Hiver détesté

 La bise essoufflée
Bonnet, gants, écharpe nouée
Noël, cheminée 

Et comme ce soir-là les doigts des participants tambourinaient sur les tables à la recherche du nombre de syllabes adéquat...

Un, deux, trois, quatre, cinq
Mes doigts m'aident à trouver
Le poète en moi

Ce soir, c'est haïkus
Ils sont fous ces japonais
Dirait Obélix !
Laurence.
***