mardi 25 avril 2017

Atelier d'écriture du 24/04/2017 - 18h15

Animé par: Carole
Mettez-vous à sa place, racontez l'histoire d'un parapluie qui a été oublié
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Lors du dernier atelier d’écriture, j’attendais sagement, suspendu à une étagère, tout à côté de la grande table où les cerveaux et les stylos se dégourdissaient allègrement. C’était la première fois qu’elle m’emmenait avec elle, au Remue-Méninges.
Je me tenais à carreau, le silence glissait sur moi, j’étais intimidé par les hommes et les femmes silencieux qui laissaient courir leur imagination sur papier.
Le moment que j’ai préféré, ce fut la lecture, c’était des histoires de centenaires affublés d’animaux bizarres, c’était très drôle, varié, je me suis bien amusé.
Je me suis laissé distraire, je me suis fait des films avec tous ces personnages cocasses. Je me suis mis à rêver, à somnoler et un gros bruit une table cognée, déplacée… je suis revenu à moi, à l’instant, accroché à mon étagère… et le silence.
Plus grand monde, moins de lumière. Mais où est-elle ?
Hein ?… NON ! Partie sans moi !!! Non ! Pas possible !!! Je me sens mal, je vacille, mais pourquoi ne suis-je pas tombé ? Le choc lui aurait rappelé ma présence !
Je frissonne, je tremble. Je suis tout enfermé, bien replié. Mes rouge-gorge ricanent, ils sifflotent, sautillent, pas moyen de bouger, moi !
Abandonné ! Toute la nuit, je lançais de S.O.S. Elle est forte en télépathie, ma maîtresse, elle finirait bien par m’entendre.
Le lendemain matin, Audrey arrive, j’ai vu qu’elles parlaient ensemble toutes les deux hier soir, peut-être qu’elle va me sauver, me protéger, appeler mon ingrate propriétaire ?
Non, elle dit : « tiens, c’est à qui ? » et me place à l’entrée, dans le porte-parapluie. Je dépasse fièrement. Je suis le plus grand, le plus beau, cela me console un peu.
Dans la matinée, la pensée de ma maîtresse me rejoint, ça y est ! Elle se dit « zut, j’ai oublié R.G. (Rouge-Gorge) au R.M. (Remue-Méninges). Bah, je le récupérerai la prochaine fois »
Quoi, la prochaine fois ? mais c’est quand ?
J’ai tempêté, appelé la main, le regard de l’une, de l’autre passager au café associatif.
J’ai appelé la pluie, à fond. Je suis épuisé, ça fait 15 jours que je suis là, personne ne m’a vu, personne ne me veut !
Abandonné au maximum. Oublié. Inexistant. Effondré. Fantôme de moi-même.
Ce soleil, en plus ! De la provocation !
Oh, il y a une table qui s’installe, des femmes sortent leur papier, leur crayon.
Oh, la voilà ! Misère, elle ne m’a pas vu !
Elle dit bonjour, commande un thé et lance « ah, j’ai oublié mon parapluie la dernière fois ». le barman : « je ne sais pas, je vais regarder »… et tout à coup, la voix joyeuse, elle dit « AHHHHH, il est là ! ». Elle m’attrape et me glisse derrière elle pour ne pas m’oublier.
OOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !
PS – EN VRAI !!!
J’ai vraiment oublié mon parapluie à l’atelier précédent et il porte vraiment des rouges-gorges… et je ne l’ai pas oublié cette fois !
Annie Destombes

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Youhou ! Y a quelqu'un ? Il fait tout noir ici ! Puis, je suis tout mouillé, tout froissé, coincé dans un tube métallique avec des bâtons en fer. Oh hé !!! Hey ! C'est pas vrai ?! Pas encore ! Ils sont tous partis les gens ? Y a plus de lumière ! Mais j'ai peur du noir, moi ! Tu ne peux pas m'avoir oublié ! Je suis tout petit, tout mignon, pliable, rétractable, coloré avec mes jolis petits pois multicolores sur fond crème. Hey ! C'est moi, ton parapluie de poche !
Tu m'as encore laissé au fond du seau, à l'entrée du bar ? Dis moi que ce n'est pas vrai ! Sérieux ?  Alors, tu ne vas pas me faire le coup à chaque fois ? Si ?
C'est-à-dire : tu te sers de moi pour rester au sec pendant tes trajets, travail-bar ou domicile bar, quand il pleut des cordes. Tu me poses à l'entrée et tu me laisses poireauter là, dans le froid, dans l'humidité. Toi, tu passes du bon temps avec tes amis, accoudée au comptoir, à boire des bières et à refaire le monde pendant des heures. Et puis, au moment de partir, la pluie s'est arrêtée et tu repars….sans moi ! Ouin ! C'est trop injuste ! Quelle ingratitude ! Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
J'en ai assez ! Je vais encore passer la nuit ici, seul, fermé, fripé, alors que j'aurais tant aimé rentrer avec toi ; que tu m'ouvres en bien grand dans ton salon pour me faire sécher. Nous aurions, tous les deux, écouté toutes ces douces mélodies que tu mets le soir.
Je n'ai vraiment pas de chance. Tous les autres comparses sont tous partis avec leur propriétaire, eux ! Il y a eu le grand vert, très ample, qui prenait toute la place et qui m'a poussé tout au fond du trou. Il y a eu, le petit noir au manche rétractable et coudé. Il y a eu le petit rose avec des cœurs de cette fillette de 5 ans : c'est mon préféré. Tout le monde est reparti sauf moi !
Je vais me venger. Un jour, je vais sortir une mes baleines, comme ça à l'improviste et paf ! Dans l'œil ! Et vlan ! Ou bien, je vais m'envoler et me faire la malle un jour de grand vent et me laisser porter, emporter là où le vent décidera. Ou encore, je pourrais faire celui qui ne peut plus se refermer ou qui ne peut plus s'ouvrir. Mais pour cela, il faudrait que tu reviennes me chercher. Pour cela, il faudrait déjà que tu te rappelles que tu m'as oublié et où tu m'as laissé. Mômaaannnnn ! Ouin ouin …
Où es-tu môman ? Ah, si seulement j'étais ta brosse à dents ! Tu te servirai de moi tous les jours, jusqu'à 3 fois par jour. Tu m'emmènerai en voyage. Aahhh !!! Ah, si j'étais une de tes clefs, je serai tout le temps avec toi, dans une de tes poches ou dans ton sac à main. Mais non, je ne suis que ton parapluie. Snif ! Dans une prochaine vie, dis, on pourra échanger nos rôles ? T'es ok ? Et là, tu vas comprendre ma douleur ! Niac ! Niac ! Niac ! 
Virginie.


jeudi 13 avril 2017

Atelier d'écriture du 10/04/2017 - 18h15


Animé par : Nelly
Imaginez-vous à cent ans avec un animal de compagnie insolite.
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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Je souffle mes 100 printemps. Ça fait bien longtemps que j'ai perdu toutes mes dents, bon nombre des membres de ma famille et de mon cercle amical. Tous sont partis dormir au firmament.


J'ai relu pour la énième fois, le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson. Quelle vie va-t-il eu ! La mienne est beaucoup moins rocambolesque, juste un petit peu plus classique. Elle ressemble à celle du personnage décrit dans la chanson la centenaire de Linda Lemay. 7ème enfant d'une fratrie de 12 dans le sud de la France. J'étais lavandière. Je me suis mariée très jeune. J'ai eu 8 beaux enfants. Je suis devenue grand-mère puis arrière-grand-mère. Tout ce petit monde est, aujourd'hui, soit six pieds sous terre, soit à l'autre bout de la terre. Ah ! la vie d'expat', c'est formidable parait-il ? Je reçois des courriers de temps en temps de mes arrières petits-enfants. Je les lis silencieusement au coin du feu, avec, sur mes genoux, mon kiki.


Kiki, 12ème du nom. C'est ma petite boule de poils. Ce n'est pas très résistant comme bestiole : une espérance de vie de 5 à 7 ans. Mais, c'est très attachant. C'est un croisement entre un chien angora et une plante verte du désert marocain. Mon kiki a les yeux couleur menthe à l'eau, le poil long et brillant et des oreilles éléphantesques. Son cri est fluet. Il ne pèse pas lourd mon kiki, à peine un kg. Il est tout rikiki mon kiki ! Mon kiki est hermaphrodite. Il est très fidèle. Il me suit partout dans mon logis où je vis en colocation avec des jeunes retraités de 70 à 80 ans. Ensemble, on se fait des soupes parties et des soirées purées de légumes à gogo. C'est plus facile à manger et en plus, on peut oublier de mettre nos dentiers. ;-) Et puis mon kiki, il aime bien lécher les fonds de plats. Il léchouille pendant des heures nos fonds de soupières.


Le temps passe inexorablement. Il semble que la mort m'a oubliée. Combien de kiki vais-je encore connaître ? On me parle souvent de Jeanne Calment qui a vécu 120 ans. Putain ! Encore 20 ans à trainer cette vieille carcasse ! Je tue le temps comme je peux entre les émissions de radio à tue-tête : ah oui je suis devenue dure de la feuille ; la lecture des journaux : ce qui peut prendre pas mal de temps car pour cela je dois mettre la main sur mes lunettes. Avec mes colocataires, ce n'est pas gagné. On se fait souvent des farces entre coloc', on se cache des objets. Ça pimente le quotidien. La dernière fois, mes lunettes ont fini dans le tambour de la machine à laver, programme à 90°, essorage 900 tours minute. Je vous laisse imaginer la suite.  On passe des heures à jouer aux cartes, aux scrabbles ; à écrire ; à raconter nos vieilles histoires que nous connaissons désormais tous par cœur…depuis le temps que nous cohabitons.


J'ai décidé de raconter ma vie dans un livre. A force de ressasser nos vieux souvenirs à mes coloc', je me suis dit que j'allais coucher sur papier toutes nos histoires. Peut-être cela intéressera-t-il quelqu'un, qui sait ? C'est que j'en ai vu des choses en 100 ans de vie et la vie a bien changée, évoluée depuis ma plus tendre enfance. Je me prends à rêver d'édition, de fête du livre, de dédicaces, d'interviews…Ça me donne le sourire (sans dent). Mon kiki est du même avis. De toute façon, il n'a pas trop le choix car c'est moi qui lui prête des intentions, des émotions, des attitudes en fonction de mes envies et des humeurs. Je l'aime bien mon kiki. C'est peut-être mon seul vrai Ami. Cent ans d'une vie, à votre avis, ça fera combien de pages ? Aurai-je un prix littéraire ? Allez, dîtes-moi oui !
Bon, je vous laisse, j'ai le roman de ma vie qui m'attend ! 
Virginie.
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Gros-Bec frappe à la porte. Il est déjà de retour, traînant derrière lui, dans un chariot à suspension magnétique, les provisions que je lui ai demandé d’acheter au supermarché coopératif installé sur le boulevard. J’y serais bien allé moi-même, mais j’attends encore ma paire de jambes cybernétiques que ma mutuelle avait promis de m’envoyer la semaine dernière. Il fait déjà nuit et les restrictions d’électricité décidées par le gouvernement afin de réduire les déficits énergétiques sont entrées en vigueur depuis deux mois. Heureusement que j’ai pu m’équiper d’implants oculaires infrarouge achetés à bas prix sur le Net. La batterie de mon fauteuil n’est pas loin de rendre l’âme, mais il me transporte tant bien que mal jusqu’à la porte d’entrée. La porte coulisse et Gros-Bec me salue de ses petites ailes atrophiées. C’est une petite autruche génétiquement modifiée pour répondre aux normes européennes réglementant la taille et l’intelligence des animaux de compagnie. Je débarrasse mon gros oiseau du harnais le reliant au chariot et il me remercie de son œil noir globuleux, avec un hochement de tête. Je le grattouille sous le bec. Il adore ça. Puis je lui présente une petite assiette de graines de courge qu’il avale goulûment. Je lui sers une ration d’eau supplémentaire après avoir vérifié que le stock serait suffisant jusqu’à la prochaine distribution municipale par camion-citerne. Heureusement, il m’en reste suffisamment pour finir la semaine.
Je m’endors ensuite sur mon fauteuil, après un énième visionnage du 25e épisode de Star Wars que je n’ai toujours pas compris. C’est qui, Dark Vador, déjà ? Je croyais que la princesse Leïa était mariée avec Han Solo, mais ils ont divorcé et Leïa s’est mise en couple avec Chubaka, la créature poilue. Ça va trop vite pour moi. Gros-Bec étaient tous les appareils de l’appartement pour économiser les batteries fournies gratuitement aux retraités par EDM (Électricité du Monde). Eh oui, parce que je suis un jeune retraité depuis quelques mois. Avec les nouvelles lois, je n’ai pas pu arrêter de travailler avant cent ans révolus. Tout ça à cause des mesures d’austérité mises en place par le Président de la Terre, Ronald Trompe, un éléphant modifié spécialement pour faire de la politique. Il me fait marrer, celui-là, avec ses cheveux jaunes et ses projets de muraille pour lutter contre l’immigration des martiens qui viennent abuser des terriennes et prendre le travail des honnêtes terriens. En plus, sa trompe est minuscule et ses oreilles sont tellement larges qu’elles cachent son visage lorsqu’il les bouge très fort.
Gros-Bec me réveille vers huit heures du matin, par des petits coups de bec sur la joue. Devant moi, la table est mise. Au menu, croquettes aux algues et fricassée de sauterelles aux petits oignons. Miam ! Quand je pense que dans ma jeunesse, on se régalait d’un morceau de viande de vache et de légumes poussant dans la terre. Aujourd’hui, la terre est épuisée, que voulez-vous. Il ne nous reste que des étendues agricoles sous serres et d’immenses fermes où on cultive des algues et où on élève des insectes. Et le climat, je ne vous raconte pas ! La semaine dernière, une tempête de sable s’est levée et il a fallu déblayer la place de l’Hôtel de Ville et les immeubles autour à la pelle mécanique. De ma fenêtre, je vois les palmiers du Parc de Montaud. Si les paysans bio se débrouillent bien, on aura peut-être des noix de coco, l’hiver prochain.
Greg.
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samedi 18 mars 2017

Atelier d'écriture du 13/03/2017 - 18h15 - Délocalisé à "Ici Bientôt"

Animé par : Carole
Tirage au sort de mots pour écrire un poème
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Je tire 7 mots :
tendresse – plaisir – couleur – ardoise – solitude – rire – nuage
Chaque nuage de solitude m’oublie
Couleur opale, nostalgie de tendresse
L’ardoise s’efface et le rire s’ennoblit
En douce survient du plaisir la promesse.
Annie Destombes

Atelier d'écriture du 27/02/2017 - 18h15

Animé par : Laurence
Chacun tire au sort une fève, enveloppé dans un petit papier comportant le son à éviter dans le texte.
D’abord, je te demande de m’aider à me présenter : tu me décris, puis tu me donnes un nom. Après, je te demande de m’aider à raconter comment c’était avant, quand j’étais grand. Eh oui, parce qu’avant de tenir dans ta main, j’ai été grand … Mais, attention ! Maintenant que je suis petit, j’ai un défaut de prononciation : tu ne peux pas utiliser le son que tu as trouvé avec moi !
 ***
Fève : l’Ogre – je n’ai pas droit au son « gue »
Euh, salut la compagnie ! Pour une fois que j’ai la permission de me présenter. En général je suis obligé de me cacher, j’effraye tout le monde. Et faut dire que disparaître, c’est pas facile pour moi.
Je suis du genre hypervisible, quand j’apparais du moins, pas discret pour deux sous. Pour être haut, je le serais plutôt très très, une sorte de géant, total inadapté social, dévoyé, perdu pour la vie. Remarquez je la dévore à pleines dents la vie, hu,hu,hu ... ma préférence va à la chair tendre, rosée, fine, jeune, très jeune. J’aime les enfants à la folie, bien dodus surtout. On me surnomme Géant Extrême Obèse Astronomique en Culottes Courtes., soit G.E.O.A.C.C., oui, c’est pour éviter d’être confondu avec O.G.R.E.S. sans éducation. J’aime la politesse.
Ne vous fiez pas à mon allure fière, à mon accoutrement pré-historique, je fais diversion. Ma tunique en peau de mouton doré, les enfants adorent se blottir tout contre, ils me prennent d’abord pour un bon gentil nounours. Quand ils découvrent mes outils tranchant, ils me demandent : «  o doux G.E.O.A.C.C.., que tu as de lourdes haches ».
- C’est pour mieux te danser mon enfant ! Et j’entonne mon chant sioux favori : « o ya hé - ya hé yahé --- o ya hé – yahé ya hé ... ». Alors ils tournent avec moi autour du chaudron, du feu, c’est trop facile de les attraper !
Ce que je raconte c’était au temps d’avant le temps, c’était il était une fois, imbécile cette fois-là, inepte, ratée, ridicule.
Voyez-vous j’ai fini par beaucoup les aimer les petits d’hommes, à faire risette, à chanter et danser avec eux, leur tendre chair a attendri mon cœur.
J’ignorais que j’en avais un. Qu’est-ce que ça fait mal de sentir son battement s’accélérer, mes côtes qui s’étirent pour le laisser battre !
Quand je croquais les côtelettes de ces bambins parfumés au feu de bois, je trouvais une espèce de boule aplatie, rose, bleue, palpitante, déconcertante, attirante, il s’en échappait des étincelles, des étoiles, des rêves, des mots d’amour, je les recueillais dans une énorme boule de verre transparent.
C’était ma boule de Noël, mon trésor, mon secret, la plus belle chose que je connaissais au monde ; un chant mystérieux, une danse menait toutes ces étincelles et je m’en réjouissais, ce spectacle m’endormait au petit matin, après ma chasse à l’homme.
Un jour, un petit très bavard m’avait hurlé dans les oreilles « tu n’as pas de cœur ! » ; Cela a éveillé ma curiosité, Je pourrais, moi aussi, avoir cette source de merveilles, sous ma pelure, sous ma peu, sous mes larges côtes ? J’ai demandé à cette petite fripouille : «  si tu es si malin, montre-le-moi mon cœur ! « 
Il m’a parlé longtemps, m’a raconté le pouvoir magique de tous ses cœurs réunis dans mon grand flacon, tous ses messages de pureté, d’innocence. Il m’a appris qu’à la fin de nos vies, ce qui restait dans nos cœurs, c’était la beauté, les bons souvenirs, et que cela se transfusait à la totalité du vivant. Que tout le contenu de ces sentiments sublimes, je ne pouvais le retenir pour moi tout seul, que la première qualité de l’amour, c’est le partage. Il m’a éduqué.
J’ai senti mon cœur fondre, s’écouler hors de moi, rejoindre les cœurs de tous les petits chéris que j’avais trop avidement aimés.
Ce fut le plus beau jour de ma vie.
La rencontre de mon cœur de géant affamé et de ce tabernacle sacré a initié une super tornade verte et bleue, une explosion de rose, d’amitié, de fraternité, d’amour et toute cette énergie, je l’ai laissé sortir de moi, je l’ai offerte au monde.
Je suis devenu tout petit, humble, au service. Je participe à la Fête une fois l’an, les petits qui me trouvent dans leu part de brioche sont heureux comme des rois, ils me croquent.
Ah, au fait mon nom a changé : G.E.A.A., Géant Empli d’Amour Astronomique.
C’est cool !
Annie Destombes
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Fève : personnage de crèche (?)
Je suis bleu. Mais pas comme les petits personnages couleur azur qui vivent dans des maisons en forme de bolets, poursuivis par un horrible individu accompagné d’un félin aux griffes acérées. Moi, c’est mes fringues qui sont bleues, d’un magnifique bleu ciel. Enfin ma robe, quoi. Je porte sur la tête une sorte de coiffe, de casque, ou peut-être de turban d’un blanc immaculé en alternance avec des bandes d’un bleu douteux.

Mon visage est pâle et trois points noirs représentent respectivement mes deux yeux et mon orifice buccal, ce qui me donne l’air toujours étonné de ce que je viens ou de ce que je vais faire, ou de ce que je vois. Je suis donc du style : « Hein, quoi ? C’est vrai ? Pas possible ! On ne me dit jamais rien à moi ... ». À moins que ce ne soit plutôt une expression de frayeur, car je porte, il me semble, au bout de mes bras, un plat brûlant qui ne va pas tarder à tomber, puisque j’avance solennellement en ayant bien soin de ne pas me prendre les pieds dans ma robe, ma djellaba, ma toge, mon drap. Enfin, vous comprendrez que je ne suis pas bien défini comme garçon, enfin comme fille, enfin … je ne sais pas. Difficile à dire.

Quand j’étais plus grand (quelques centimètres ou quelques mètres de plus?), il me semble que je devais être une statue réalisée par un sculpteur pas très doué et un peu fainéant sur les bords. Il aurait pu me faire un nez quand même ! Je crois me souvenir qu’on devait me poser dans un couloir, un salon ou un boudoir et que je devais servir à décorer et à distraire les visiteurs, avec ma dégaine de mage oriental, toujours à gober les insectes et à tendre une assiette que personne ne daignerait jamais prendre.

C’était pas une vie.

Alors, quand on m’a proposé un emploi de fève dans une pâtisserie artisanale, après une réduction de taille, j’ai tout de suite dit oui. Je suis devenu un faiseur de rois et de reines d’un soir. Après avoir dormi confortablement dans de la frangipane bien moelleuse, celui ou celle qui m’en extirpait vivait un moment de gloire et se coiffait de la couronne du pouvoir suprême, sous les acclamations de la populace enthousiaste. j’ai dû servir deux ou trois fois, je ne sais plus trop. Et j’ai dormi d’un repos bien mérité, auprès d’autres fèves qui avaient fait carrière comme personnages de BD, instruments de musique, animaux sauvages ou godillots de randonnée. C’était très intéressant.

Et puis un jour, on m’a mis dans une boîte, bringuebalé je ne sais où et enveloppé dans une feuille de papier. Un hurluberlu m’a palpé, tourné, retourné, observé dix fois, posé en évidence sur une table et s’est mis à écrire des fadaises sur mon compte. Je pense que je suis la première fève à avoir fait l’objet d’une biographie d’au moins deux pages A4. Tout ce qu’on a dit sur moi n’est pas vrai. On a parfois évoqué le fait qu’on m’avait vu accompagné de deux camarades comme moi, mais avec des robes de couleurs différentes, parcourant un sentier pour suivre une étoile quelque part en Orient. Mais c’est faux. Ce sont des racontars. Je n’ai aucun souvenir de cela. En même temps, je suis en faïence, ce qui ne rime pas avec intelligence, enfin techniquement si ça rime, mais bon, vous l’avez compris, je ne suis pas bien défini comme garçon, enfin comme fille, enfin comme fève, quoi !

 Greg.

lundi 27 février 2017

Atelier d'écriture du 13/02/2017 - 18h15

Animé par : Greg
Trajets et promenades rituelles
a) Refaire en pensée une promenade rituelle de son enfance (= trajet agréable) ou de son adolescence (= trajet parfois minime) ou un trajet du quotidien, de chez soi une fois la porte close au franchissement du portail du collège (= trajet utile) => description itinérante.
b) Dresser une liste des lieux extérieurs du quotidien, et trouver pour chacun des vues immobiles du dedans vers le dehors, en imposant qu’il y ait toujours un cadre (une fenêtre, une visière de casque, la ligne d’un arrêt de bus, la porte de sortie d’un magasin) et un peu de ciel.
c) Réfléchir à « tous les lieux où on est immobile, même provisoirement, mais de façon répétitive dans le quotidien, pour regarder la ville » (arrêt de bus, feu rouge, banc, queue à la boulangerie, devant une porte pour prendre sa clé…)
***
Chemin d’enfance

C’est le chemin des Peupliers, le chemin qui mène de la Ferme des Peupliers, à la Place de la ville.
Passer de la campagne, la grande bâtisse de briques rouges, la cour carrée intérieure, l’étable, le poulailler, les prairies ... au Bourg, ses commerces, l’école, l’église, le bus, le tram ...
Franchir toute la verdure, traverser les champs, longtemps, pour mes petites jambes et sortir du domaine familial, quitter le silence et le ciel ouvert sur le rideau de peupliers, aller à la découverte du monde.
Toute petite, je sais que ce chemin, que mes pas sont inscrits en moi, avant moi. Papa nous racontait : « par tous les temps, nous allions à pied à l’école, nous portions le lait ou les pommes de terre à vélo, avec mes frères et sœurs, nous le connaissions par cœur ».
Je marche avec la mémoire et le regard de mes ancêtres. Je parcours avec curiosité chaque saison, jamais je ne suis seule.
Toute petite, je sens que les traces laissées ont la qualité de l’éternité : toute ma vie racontée au fil des labours, des haies, des saules pleureurs le long de la becque, de la curiosité des vaches. Chez nous, elles partagent toutes la même robe, noir et blanc.
Parfois, l’odeur de la terre grasse et luisante, de la paille scintillante, piquante, des près verts, ondulant sous la bise.
Quitter le ferme, c’est passer par une porte symbolique et stricte, passer au Calvaire, là où la grand-mère paternelle a édifié sa gratitude et son chagrin caché. Ici, j’ai initié une voie de liberté.
A trois ans et demi, Papa m’a emmenée avec lui contrôler une récolte du champ du calvaire. Il m’a dit : « attends-moi là », juste derrière la croix levée, la haie
... et moi, j’ai continué. Je me souviens, le ciel bleu pur, un soleil qui illuminait tout le vert. Je me vois tranquille et heureuse, émerveillée, j’avance, je regarde tout, je respire, j’aime tout, j’aime la vie, j’aime cet instant à la folie, mon cœur de petite fille, si sage, chante.
A la fin des saules pleureurs, il y avait à gauche trois maisons de briques, la dernière accueillait un estaminet : « Le Tivoli ». La patronne était dehors, elle dit « c’est qui cette petite fille ? » ... et je sens la main de mon père qui m’attrape le bras ... Enfin, ça c’est la scène raccord entre mon souvenir de bonheur et le retour puni à la maison ! J’ai effacé Papa qui me rattrape, j’ai oublié ma désobéissance, sa peur.
J’ai gardé, avec fierté, au creux des fossés et des terriers, aux frémissements des frondaisons, le long de ce précieux chemin, une petite niche secrète, ressource sur mon chemin de liberté.

Annie
*** 
C’était le soir. Le ciel était déjà sombre en hiver et lorsque les jours s’allongeaient, il prenait la couleur rouge-orangée du soleil qui tardait à se coucher. J’avais dans ma main gauche une biche : un petit récipient cylindrique en aluminium avec une anse. La chaînette qui reliait la biche à son couvercle tintait doucement. Dans ma main droite, j’avais la main d’une de mes sœurs. Le trajet était court. Au bout de cent mètres à peine de route goudronnée, on longeait un petit mur de pierres sèches et on descendait sur la droite dans l’herbe en direction d’un bâtiment minuscule d’où sortait une vague odeur de bouse et quelques beuglements discrets. Dans cette étable, nous surprenait une douce chaleur exhalée par les naseaux de deux vaches dont une se faisait traire par une vieille dame aux cheveux blancs. « Bonjour, mes petits », disait-elle en nous voyant arriver. Elle tirait sur les trayons de la vache pour en sortir un lit tiède et bourru. Nous attendions patiemment qu’elle eût terminé. Elle se levait alors, prenait notre biche et prélevait du lait avec une énorme louche dans une autre biche qui était une version géante de la nôtre, puis elle transvasait le liquide blanc dans notre petit récipient. Et nous revenions, chargés de notre provision de lait. Quand la dame aux cheveux couleur du lait s’est débarrassée de ses vaches, il a été impossible à mes parents de nous faire boire du lait demi-écrémé en tétra-pack pendant plusieurs années.
*
Rien de plus rageant que de louper le tram quand il vous passe devant le nez. Manquaient dix mètres, tant pis.
Le ciel est gris avec des nuances infinies, au-dessus du la tour de la Cité du Design, en forme de L inversé. Inquiétante structure. On dirait le squelette d’un immeuble ayant subi un bombardement ou d’une bête préhistorique. Devant moi, à quelques mètres, se dresse une plate-forme en béton sur laquelle est posée une cage de verre fendue qui contenait, il y a encore quelques mois, une œuvre d’art constituée de néons figurant l’aménagement intérieur d’un appartement. Vous n’y comprenez rien ? Moi non plus. Pas le temps, le tram est arrivé, je m’y suis faufilé et je suis arrivé à temps pour boire un café avec Henri, avant d’écrire des quelques lignes vaseuses et mélancoliques.
Greg.
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dimanche 12 février 2017

Atelier d'écriture du 30/01/2017 - 18h15

Animé par : Laurence
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« Histoires à 5 plumes »
Atelier d’écriture du Remue-Méninges – lundi 30 janvier 2017
1/ chacun, au début de la page, plante un décor, une ambiance, où évolue un personnage de son choix (3 min)
2/ la feuille passe au voisin, qui ajoute un (ou plusieurs) personnages dont il donne quelques indices (caractère, comportement, relations entre eux et le premier personnage) (4 min)
3/ la feuille passe à nouveau, pour créer un événement perturbant le cours de l’histoire et les personnages (7 min)
4/ nouveau scripteur pour l’ultime point « dramatique » du récit (dans le sens d’une montée en puissance tragique, ou comique, ou absurde) (7 min)
5/ la dernière plume écrira la chute, ou la morale (7 min)
Et par ordre (ou désordre ?) d’entrée en scène (ou plutôt en récit) :
Virginie, Grégory, Audrey, Samuel, Nicole, Jean-François, Catherine, Nelly, Laurence, Nicole et Carole.
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UN DRAGON ENRHUME
Il était une fois un dragon orphelin qui vivait dans un lieu magique entouré de lacs et de forêts dans une contrée fort fort lointaine, il y a de ça fort fort longtemps. Il n’avait donc plus ses parents, mais il avait de nombreux amis qui étaient devenus un peu sa famille d’adoption. Il allait à l’école tous les matins. L’institutrice était une fée.
Le dragon était le plus grand élève de sa classe. Heureusement que l’institutrice pouvait voler, cela lui permettait de taper au besoin sur le museau du dragon. Tous ses amis de la classe étaient des animaux : lapins, chenilles, etc. En plus, ils savaient tous parler, et les lapins aimaient courir !
Tout ce petit monde avait pour habitude de partager la même salade à midi. Mais ce jour-là, on sentait la fumée, et une odeur de grillé depuis le matin. On entendait le dragon éternuer au-delà des montagnes. À chaque éternuement, une flamme, un petit brasier. Le chocolat de Karim l’écureuil fondait en coulant sur sa réserve de noisettes. Les lapins qui pourtant couraient vite (l’entraînement), n’avaient pas pu éviter un éternuement. Ils sentaient le roussi. L’instant était critique ! L’institutrice avait essayé de soigner ça de sa poussière de fée, mais elle n’avait réussi qu’à rendre la crise plus violente !
Un dragon allergique à la poussière de fée ! Avait-on jamais entendu une chose pareille ? Il ne restait plus qu’à aller faire chercher le médecin scolaire, un hibou très savant et très dévoué. « Allez, les lapins, courez le chercher vers le nord ! Karim, laisse ton chocolat, de toute façon il est fondu maintenant, et pars vers le sud ! Les autres, deux groupes, à l’est et à l’ouest. Les premiers qui me ramènent Docteur Hibou auront un bon point ! ». Et chacun se mit en route, laissant le dragon enrhumé à la garde attentive de la fée institutrice, qui avait eu la présence d’esprit de lui demander d’éternuer dans un grand baquet plein d’eau, pour le pas risquer l’incendie de l’école.
Le docteur ne put rien faire, tout ce qu’il essayait n’avait aucun effet ! Monsieur le curé passa par là. Un coup de baguette magique, ou une BA, ou le hasard… bref, revenons à nos moutons, le dragon apprit à jouer avec cet atout… ou ce boulet… Et des moutons ? Ben oui, il y en avait !
PEEL ET FACE
La cheminée de la chaumière cachée en lisière des bois vapotait des volutes bleues dans un ciel où les deux lunes de la nuit écarlate réfléchissaient comme des miroirs. Peel le troll attendait.
Peel attendait son ami Face avec qui il avait l’habitude de jouer dans la forêt. Face était plus petit que Peel, étant plus jeune d’années.
Face ne venait pas… Peel avait attendu, attendu jusqu’à la tombée de la nuit. Peel ne s’était pas rendu compte que le jour est éphémère. La nuit aussi, mais sa fin va prendre un peu de temps. Le temps s’est accéléré et maintenant c’est au tour du cœur de ce pauvre Peel. Comment va-t-il sortir de la forêt ? Il n’y a pas de lampadaire sur les poteaux arbres ! Peel tâtonnait tel un aveugle. Ses autres sens étaient en émoi, ce qui rend la forêt, la nuit, plus inquiétante. Soudain, une branche casse, enfin… il croit entendre… Puis un bruit sourd, enfin, il lui semble… Une silhouette, ou quelque chose de plus clair se dessine dans la pénombre. Des fois, mieux vaut pas s’habituer à l’obscurité. Mais là, Peel voyait quelque chose, il ne pouvait pas l’ignorer.
Il avait vu des pattes griffues près des buissons qui bordaient le chemin. Un frôlement, un grognement, puis une lueur. Des flammes éclairèrent les arbres et brûlèrent quelques branches autour de lui. Un dragon était devant lui ! Une bête écailleuse effrayante qui l’observait d’un œil jaune reptilien. Il se mit à courir à travers la forêt, s’enfonça plus avant dans le dédale des troncs. Après quelques instants, il s’arrêta pour reprendre son souffle et guetta le moindre bruit. Tout était silencieux. Soulagé, il chercha dans l’obscurité le chemin, mais il ne le trouva pas. Et soudain, l’effroyable dragon fut à nouveau devant lui !
Un combat sans merci s’amorça entre le dragon et Peel. Peel utilisa tous les projectiles à sa portée : branches, feuilles, pommes de pin… Il visa la tête, l’entrejambe du dragon qui, à chaque coup, crachait du feu dans sa direction ! Le petit Peel heureusement était agile : bondissant de branche en branche, il réussit à sauter sur les épaules du dragon et encercla son cou avec une liane. Le dragon, privé d’oxygène, s’effondra au sol dans un grand bruit sourd. Au contact du sol, le corps du dragon se désagrégea et partit en fumée. En lieu et place du corps inerte du dragon, Peel vit le corps inanimé de son ami Face. Il le secoua, lui parla, le gifla ! Face revint à lui et raconta sa mésaventure à Peel : Face avait été capturé et transformé en dragon. Face remercia son ami de l’avoir sauvé du sortilège.
Peel et Face redevinrent les meilleurs amis du monde et vécurent encore de nombreuses et belles aventures au cœur du bois enchanté.

ALIEN VS RÉVOLUTION

C’est dans une forêt sombre, il fait froid, c’est l’hiver. Ivan Vassilievitch quitte sa cabane pour aller chasser. Il a enfilé sa pelisse, ses gants, ses bottes fourrées. Il n’oublie pas de mettre dans le fond de sa poche un peu de viande séchée, et dans son autre poche un flacon de vodka.
Ce soir-là, Ivan a déjà bien bu. De la vodka, bien évidemment. Il voit apparaître une jeune fille qui deviendra, plus tard, son sucre d’orge. Elle est toute déguenillée, les cheveux sales, pieds nus, elle n’a pas un sou.
Ivan veut lui offrir un verre. « Comment t’appelles-tu, petite demoiselle ? » Amadouer l’enfant, accostage en eau fragile. Elle lui sourit, avale une gorgée de la vodka si aimablement offerte, semble apprécier, déguste. Tout va pour le mieux.
Soudain, un hurlement surgit du plus profond, un hurlement bête et sourd jaillit de ses entrailles Un animal à la tête difforme s’extrait de l’abdomen de la jeune fille. Un animal aux crocs affreusement acérés.
Ni une ni deux, Ivan prend sa tête à son cou, avant que le monstre ne la prenne en sa gueule ! Il court comme un dératé, imaginant trouver de l’aide au prochain village, ne serait-ce qu’un chasseur égaré quelque part. Il voit déjà les lueurs et se met à hurler « A l’aide ! Au secours ! Au monstre ! ». Quelques premiers paysans commencent à sortir, affolés. La bête bave de plus belle en voyant toute cette chair fraîche et rose.
Cet animal n’était qu’une chimère, la métaphore sibérienne du tyran russe qui se nourrit de son peuple. Les paysans sortirent de dessous les tas de fourrures de loups, de renards, de lynx, les kalachnikovs bien graissées de la révolte.
UNE VISITE CHEZ CARABOSSE
Elle n’avait pas fière allure, la fée Carabosse. Elle se regardait dans le miroir… plantait ses yeux sur sa bouche trop fine, ses dents tordues, sa verrue sur le bout du nez. Sa chambre était le lieu de tous les supplices, avec tous ces miroirs sur tous les murs. Dentelles, froufrous, chambre de vieille demoiselle. Bien mal fichue la vieille demoiselle. Elle éructa un instant.
La cloche à l’entrée tinta doucettement. Mais ! Qui donc peut bien être cet intrus ? La mine ronchonne, elle fila ouvrir, bien décidée à pousser une petite gueulante ! La porte grinça avant de cogner le mur. « Qu’est-ce qu’y a ? C’est qui qui me dérange ainsi ? » grogna-t-elle en se rembraillant maladroitement.
C’était Mélusine la voisine qui venait chercher quelques recettes maléfiques, horrifiques. La vieille Carabosse, furieuse, lui claqua la porte au nez, qu’elle avait fort bosselé, verrutrophié. Saisie, Mélusine cracha a gauche, à droite, et fit surgir du sol des Gromelacks, petites vermines naniformes, méchantes comme des teignes, capables de se faufiler sous la porte et d’attaquer par surprise n’importe qui, même la plus puissante des créatures. Ce qu’ils firent aussitôt…
D’un coup de baguette, Mélusine fit voler la porte en éclat, énervée que Carabosse lui fermât si brusquement la porte au nez. Alors, les deux femmes se firent face, comme deux cow-boys en plein Far West. Baguettes à la main, elles s’observaient.
Eh oui ! Mieux vaut ne pas faire sentir à l’autre son antipathie, au risque d’amener la guerre dans son propre foyer !
La fée Carabosse se consolait : les miroirs allaient bientôt être brisés…
UNE MÉSAVENTURE DE MONSIEUR PIE
Il était une fois monsieur Pie, assis sur son plus cher et tendre fauteuil, un gros pouf avec un dossier craquelé mais fidèle aux fesses de ce monsieur. Monsieur Pie était assis devant une boîte lumineuse, miroir du monde. À côté, une petite table ronde et un vase de fleurs pour faire style. Seul un rayon de lumière égayait l’expression de la pièce.
La boîte lumineuse distillait des images où la noirceur du monde s’étalait en gros plan, où des hommes en cravate, à la mine réjouie, disaient au bon peuple ce qu’il fallait penser, disant à tous qu’il n’y avait plus de pain, qu’il fallait se serrer la ceinture, alors que leurs chemises portaient encore les stigmates d’un ancien repas composé d’une viande en sauce bien grasse…
Madame Bonnemine frappa à la porte : toc, toc, toc
  1. Pie : « qu’est-ce que c’est ?
Mme Bonnemine : c’est moi, la voisine, Bonnemine !
  1. Pie : entrez donc, mon amie !
Mme Bonnemine : que vous avez l’air triste mon pauvre ami, que vous arrive-t-il ?
  1. Pie : c’est cette boîte à malices, elle ne montre que des choses horribles ! C’est affreux !
Mme Bonnemine : Allons bon, arrêter donc de jouer avec ça ! Éteignez cet écran de malheur et servez-moi votre meilleure boisson ! Écoutez-moi, j’ai de grandes nouvelles à vous annoncer.
  1. Pie : je suis tout ouïe
Mme Bonnemine : je rentre à l’instant du marché du village ! C’est tout simplement extraordinaire ce qui m’a été raconté, de source sure, je vous assure.
  1. Pie : dites-moi !
Mme Bonnemine : le roi et la reine de notre royaume organisent une charmante soirée afin de rassembler tout le village. Cela faisait longtemps que ça n’avait été fait ! Comme ça, vous rencontrerez toutes les jeunes filles du village !
  1. Pie : et cette soirée à lieu quand ?
Mme Bonnemine : c’est ce samedi ! Oh, vivement samedi ! J’espère que ça vous changera les idées
  1. Pie : je ne pense pas y aller…
Mme Bonnemine prit soudain la main de monsieur Pie en lui souriant.
Mme Bonnemine avait vu dans ce refus de se rendre au bal une déclaration : si monsieur Pie ne voulait pas s’intéresser aux autres filles, c’est qu’il était amoureux d’elle, la brave Pauline Bonnemine ! Elle avait des papillons dans son cœur, du rose aux joues, ses cils battaient à cent à l’heure. Elle approcha son visage de celui de son voisin, et lui sourit de toutes ses dents.
« Il lui en manque beaucoup ! » C’est ce que remarqua monsieur Pie qui eut un vif mouvement de recul. Il s’envola avec un cri effarouché : « Ma pauvre, arrêtez de croire que tout est comme dans vos films sirupeux ! ».
Et c’est ainsi que monsieur Pie, croyant prendre son envol, périt en se tordant le cou dans les escaliers, hanté par la misère du monde et par le désir fou de sa voisine !
HOMMES DES BOIS
Un jour, un homme portant un immense chapeau et une grande besace parcourait un chemin traversant une forêt plantée d’arbres gigantesques, de buissons touffus, où la lumière avait du mal à pénétrer.
Il rencontra en chemin un bûcheron vêtu d’une chemise à carreaux rouges qui, comme chaque dimanche, était parti à la recherche de champignons magiques. Ceux-ci étaient les ingrédients favoris de la sorcière, sa mère, pour concocter des potions en tous genres qui pimentaient la vie de la forêt. Le bûcheron, vieux garçon, vivait seul avec sa maman, mais il aimait, le soir, refaire le monde avec ses amis lutins et trouver des idées de sortilèges qu’il pourrait ensuite préparer amoureusement avec sa môman. L’autre homme, quant à lui, se nommait Greg et ne savait pas que cette rencontre allait changer le reste de sa vie. Il était attiré par le mystère qui entourait le bûcheron, il décida donc de faire un bout de chemin avec lui.
Greg n’avait pas prévu que le bûcheron était convaincu d’être un magicien et qu’il allait lui servir de cobaye ! Il ne l’avait pas prévu, et il ne voulait pas tremper dans cette affaire-là ! Et pourtant… le bûcheron empoigna sa massette, celle avec laquelle il enfonçait les panneaux de limite de propriété, et pan ! Lui en mit en coup sec sur la tête. Complètement assommé, notre homme, qui ne disait plus rien, fut chargé sur les épaules du bon gars des bois et emmené dans la cabane au fond du jardin.
Il se réveilla le lendemain, ligoté et entouré d’outils de jardin, un bras en moins. Et il devait reconnaître, lui qui était normalement chirurgien, que c’était du bon boulot.
Alors, que faire quand on est ligoté, avec un bras en moins, dans une cabane au fond d’un jardin ? Il avait, heureusement pour lui, des cordes vocales en parfait état de marche. Il hurla « Au secours ! ». La mère sorcière et les copains lutins l’entendirent et, comme ils avaient bon cœur, se rendirent à la cabane, ouvrirent la porte et délivrèrent le bonhomme. Bon, c’est dommage, maintenant il est manchot, alors ça va être plus difficile, ou en tout cas plus long d’aller ramasser des champignons. Mais ses nouveaux copains les lutins ont promis de l’aider alors, pour lui, ça ne se finit pas trop mal. Pour le bûcheron qui a porté les coups, la police le recherche toujours… je crois bien qu’il se planque au fond de la forêt.
BERTHE
C’est une maison en pierre, seule sur le plateau. En dessous s’écoule paisiblement le ruisseau.
Ce jour-là, la vieille femme, Berthe, qui habite ici, a fait sa lessive. Elle vit là, seule, avec ses deux moutons, sa chèvre, ses quatre poules et son unique chat. Elle n’a pas peur du loup, Berthe, elle a son fusil pour le cas où… Elle craint plus les hommes…
Berthe pense à ce qu’elle a à faire aujourd’hui : étendre sa lessive, traire sa chèvre, et emballer ses fromages pour aller les vendre sur le marché ; elle doit bien gagner un peu d’argent, Berthe…
Mais voici que, montant le sentier qui mène au plateau, Berthe aperçoit trois silhouettes. Qui sont-ils ? De loin, avec sa vue qui baisse, elle croit reconnaître son frère, qu’elle n’a pas vu depuis… au moins trois ans ! Il lui semble qu’il est accompagné d’une femme et d’un enfant…
Ce jour-là, Berthe allait apprendre une grande nouvelle, qui devait lui donner beaucoup de bonheur : c’était bien son frère ! Elle ne s’était pas trompée ! Même après ces années de séparation, elle l’avait reconnu. Et l’enfant… l’enfant est sa nièce ! Elle travaillera à la ferme avec Berthe ! Et elle était belle, cette petite, mais pas du tout prétentieuse, au contraire, modeste. Et il faudra bien la marier, se dit Berthe. Et l’enfant lui sourit de toutes ses dents. Et Berthe rêve tout haut… elle pourra l’élever, l’éduquer, lui apprendre la lecture, et tout ça…
  • Bonjour, dit Berthe
Le frère accourt, sa femme aussi.
  • C’est ta tante Berthe, viens ! S’exclame-t-il en direction de sa fille
Berthe ne marche plus. Berthe court, Berthe vole ! Toute sa famille, tout ce qui lui reste de famille ! Plus rien ne sépare Berthe d’un avenir radieux ! Mais elle s’écroule dans son élan, affalée sur la pierraille du chemin, Berthe saigne.
Moralité : rien ne sert de courir, il faut partir à point !
LA FIN DE MONSIEUR BIBENDUM ET DE SA CHIENNE ALLUMETTE
Il était une fois monsieur Bibendum, sacré bonhomme.
Il luttait contre la destruction des forêts, des immeubles, sans oublier que ses plants cultivés étaient garantis 90 % sans OGM.
Dans son grand jardin, on trouvait toutes sortes de choses…
Elle le suivait partout où il allait, sa chienne. Elle reniflait les plants de tomate, aboyait quand un rôdeur approchait trop près de son jardin. Monsieur Bibendum lui donnait des petits bonbons à la réglisse pour la remercier. Alumette remuait la queue en suçant la pastille parfumée.
Tout aurait pu continuer ainsi, au gré des va-et-viens, entre les champs, la forêt, la maison, et accessoirement le village où monsieur Bibendum s’en allait vendre ses légumes et acheter ce qu’il ne produisait pas…
Mais soudain, une énorme lueur pulvérisa le ciel d’une étincelante lumière de magma rougi à blanc ! Une météorite grosse comme une maison venait de s’écraser sur la montagne en face, en arrachant un flanc gros comme une ville entière…
Adieu tomates, chienne, bonbons à la réglisse !
Le cataclysme n’avait fait aucun survivant. Les défenseurs de la nature fumaient, réduits en cendres chaudes dans le profond chaudron creusé par la météorite. Ça faisait bien penser à quelque chose, une impression de « déjà vu ». Refaire le monde en quelques lignes, je ne m’en sens pas le courage, attendons quelques millions d’années…
Ainsi va le cycle naturel, ou accidentel de la vie !
HYACINTHE
Mon père, au beau milieu de la cour, venait de faire tomber son porte-monnaie. Ça lui confirmait que, s’il avait des lunettes, une loupe ou encore son fils, alors il le retrouverait plus vite.
Heureusement, mon neveu, qui arrivait en gambadant, trouva la bête : c’était une bourse en cuir qui sonnait creux. Il se mit à s’en servir de hochet, et à l’agiter en courant autour de son grand-père pour le narguer : « J’ai des yeux tout neufs, des jambes qui marchent bien et tes sous, Papy ! ». Cela finit d’irriter l’ancien, qui était déjà fort agacé.
Heureusement, mon père, tout bourru qu’il fût, avait une grande tendresse pour mon neveu Hyacinthe. Mais ce jour-là, Hyacinthe se montrait particulièrement pénible. Grand-père tenta de raisonner l’enfant, puis le supplia « Aie pitié des vieux os de ton Papy ! », et enfin il se fâcha « Rends-moi mon porte-monnaie immédiatement, vaurien, ou tu vas tâter du bois de ma canne ! »
« Tu ne cours pas assez vite, l’ancêtre ! » hurla Hyacinthe, décidément bien insolent ce jour-là !
J’assistais, impuissant, à la scène, hésitant entre laisser mon père régler lui-même le conflit, ou corriger personnellement l’effronté.
Eh ben, le pauvre Hyacinthe ramassa une bonne correction de la part de son père et de son grand-père ! Il se demandait pourquoi il n’avait pas de mamie, pas de mère, pas de sœur… Décidément, dans sa famille, on n’était pas gâté par la nature : pas de femme, ou très peu. Et puis, il ne les connaissait pas…
Alors, Hyacinthe s’enfuit dans la forêt qui bordait la maison du grand-père.
Et moi, l’oncle, mon frère, père de Hyacinthe, et l’ancien, nous nous regardâmes, cois. Nous étions dépassés par cette réaction vive. Quelle folie ! La forêt, de nuit, et tous ses dangers ! La forêt et tous ses recoins sombres ! La forêt et ses habitants hostiles !
Nous appelâmes tous les habitants du village et partîmes à la recherche de l’enfant, toute la nuit. Oui, toute la nuit nous restâmes dehors, par un froid de canard, et un effroi qui grandissait dans tous les regards ! Quelle bourrique cet enfant ! L’ancêtre se morfondait. Nous revînmes au petit matin dans la maison familiale. L’au-revoir aux villageois. Reprendre des forces avant de repartir. Quand… ce petit sifflement dans la maison… Il dormait, les poings serrés dans son petit lit de petit garçon. Il était revenu ! Tout seul… comme un grand !
LA JUMENT JAUNE DE JULES
La vallée était perdue aux confins du monde. Le soleil s’y levait tout doucement, presque paresseusement, et tout un chacun qui y habitait faisait de même. Il en était ainsi d’Hector, vieux maréchal-ferrant un peu bourru qui appréciait de lézarder le matin en prenant le petit déjeuner à l’aurore.
Sur le chemin s’avançait Jules le rebouteux, jeteur de sorts, traînant une lourde besace remplie de simples, d’onguents, de mandragore. Il avait rendez-vous avec Hector, car sa jument jaune avait la fièvre. Elle ne mangeait plus et Madelin, l’apprenti d’Hector, restait auprès d’elle.
Le vieux maréchal-ferrant commença à examiner la jument, qui ne se laissait pas approcher facilement. Jules le rebouteux l’aida dans sa tâche, afin de calmer sa jument. Hector commença par regarder l’état des sabots, mais le problème ne semblait venir des fers. Ne trouvant rien à faire pour calmer la fièvre de sa bête, Jules s’inquiétait, car l’état de la jument s’aggravait.
Hector, le maréchal-ferrant avait un humour un peu douteux, et dit à Jules : « Mais, dites-moi, vous êtes jeteur de sorts, ne pouvez-vous pas soigner vous-même votre jument ? »
  • Eh bien oui, je vais voir ce que je peux faire, répondit Jules.
Cependant, Jules le rebouteux savait mesurer la relativité de sa magie. En fait, ça fonctionnait parce que les gens croient en la magie, les humains je veux dire. Pour les animaux, c’est autre chose. L’effet placebo ça n’allait pas prendre, Jules en était certain. Hector le maréchal-ferrant vit l’expression du visage de Jules. « Allez, ne faites pas cette tête-là, je plaisantais, voilà tout ! ».
Hector tâta l’animal sur la croupe, le dos, l’encolure, puis désigna une marque derrière l’oreille droite. « La marque du démon, dit Hector. Un farfadet est certainement passé à l’écurie à votre insu la nuit dernière et a laissé son empreinte ! D’où la fièvre ! » Hector fouilla alors dans son atelier, sortir d’un coffre un étrange caillou et dit : « C’est du minerai d’opalium, je fais le fondre et l’intégrer à l’un des fers de la jument. Dans deux jours, la fière sera passée, garanti ! ». Jules fut soulagé en entendant la nouvelle.
Ainsi fut fait. Hector demanda quinze pièces au rebouteux qui repartit tout content, malgré ses poches vides. Hector s’adressa alors à Madelin et lui dit d’un ton grave : « Tu vois, c’est comme ça qu’on fait raquer les gogos ! Elle avait rien sa jument jaune, juste une pierre coincée sous un sabot ! ».
Les descendants d’Hector devinrent garagistes à l’époque moderne, mais leurs façons de faire n’ont pas changé.
UNE NOUVELLE VIE POUR ALBUS
Il était une fois Albus, jeune homme vivant dans une contrée lointaine. Il habitait une petite maison en compagnie de sa famille.
Sa famille était tellement extraordinaire qu’on préfère dire qu’il s’agit d’une contrée lointaine : mieux vaut éviter la foule des curieux ou des jaloux. Une contrée lointaine permet de garder le mythe et le charme du lieu.
Mais au fait, qui est Albus et pourquoi parler de lui ? C’est simple : Albus est un jeune homme bien, vivant dans une famille extraordinaire, mais qui n’arrive pas à trouver sa voie.
Au début, il comptait exercer son art de la peinture et vivre de la vente de ses œuvres, avoir un appart' à New York, faire des vernissages somptueux où il côtoierait les artistes les plus cotés et les plus belles actrices. Mais ses parents coupèrent net à ce ramassis de rêveries et déclarèrent qu’il serait menuisier, comme son père et son grand-père avant lui. Malheureusement, Albus était maladroit, et les échardes qu’il se plantait dans les mains étaient trop douloureuses. Il décida donc, une nuit de pleine lune, de s’enfuir de chez lui et de parcourir les routes, à la recherche de sa fortune, à l’aventure, là où ses pas le conduiraient. Le lendemain, son père, le menuisier aux mains d’or du village, et sa mère, partirent à sa recherche.
Chemin faisant, Albus rencontra, au détour d’un bois, un vieux mage à qui il raconta son histoire, ses rêves d’artiste, la pression de ses parents… Ils parlèrent des heures durant. Le mage l’invita à traverser la brume ambiante et à passer une porte spatio-temporelle qui l’emmena vers une destination inconnue. Là-bas, les gens joyeux, lumineux. Tout brillait autour de lui. C’était magique ! Un passant l’accosta et lui demanda :
— C’est toi que le mage envoie ?
— Euh, oui, je crois, pourquoi ?
— Nous t’attendions, nous recherchons un artiste qui pourrait décorer nos maisons, nous avons besoin de changement et de nouveauté !
— Ah oui ?
Surpris, heureux, aux anges, Albus suivit le passant jusqu’au cœur du royaume féerique. Il partit à la découverte des maisons avec un grand sourire. D’avance, il se réjouissait de pouvoir exprimer son art. Et sa curiosité sera en plus rassasiée par la découverte d’un monde féerique !